mardi 19 avril 2011

Le grand Minaj de printemps





"I represent an entire generation"
Voilà ce que clame Nicki Minaj dans Right Thru Me extrait de son album Pink Friday. Des propos plutôt justes qui illustrent le destin de cette véritable comète parmi la constellation de stars que compte le rap game.
Pink Friday étant sorti depuis plusieurs mois maintenant, focus à froid sur cet album qui a finalement bien plus à dire qu'il n'y parait.

Tout d'abord, ce qui retient l'attention des auditeurs à l'écoute de Nicki Minaj, c'est son flow. Capable d'adopter un débit supersonique ou de chantonner à l'envie, Nicki sort du type de flow monorhytmique habituellement proposé par les female Mc's mainstream.
Ce qui est toujours impressionant à entendre pour l'auditeur néophyte.
On peut d'ailleurs remarquer que c'est une tendance marquée chez toute une catégorie de " newcomers " dont Drake est le chef de file.






Cependant, la technique du rappeur ne se résume pas uniquement à une histoire de débit. Les silences, choix de respiration, tonalité de la voix rentrent également en ligne de compte. Mais même dans ces domaines, Nicki Minaj s'en tire géneralement plutôt bien.
Difficile de lui contester sa réputation sur ce point même si les termes de "tueuse" que j'ai souvent lu ou entendu paraissent un tantinet excessif.


Néanmoins on ne construit pas un album avec un flow. A moins de s'appeller Snoop Dogg, il en faut généralement un peu plus pour en assurer la réussite.
Pourtant comme l'indiquait Minaj, ce Pink Friday est représentatif du Hip Hop de ce début de décennie.
C'est à dire un hip hop porté par un(e) emcee de talent mais souffrant d'un manque d'ambition au niveau des beats. Le son Hip Hop connait une énième mutation portée par tout une flopée de nouveaux beatmakers.
On aime ou on déteste mais l'avenir appartient à Bangladesh, T-Minus et autre Drew Money. Tous ces producteurs sont présent sur l'album de Minaj au milieu de valeurs "sures" comme Will I Am ou Swizz Beatz et ce n'est pas un hasard.

Ils sont les créateurs de ce son "light" qui use autant du sample que de composant électronique.
Mais surtout comme l'indique Bangladesh, compositeur du " Mili" de Lil Wayne et l'un des artistes les plus en vue de cette nouvelle vague, la force de ce nouveau son hip hop réside dans son minimalisme.

Tout repose sur le son, la séquence. Peu importe le nombre d'éléments qui composent l'instru, tout dépend de la façon dont tu utilises les éléments que tu as à disposition [1]

Illustration avec Drew Money et le beat de Right Thru Me crée autour d'un riff de Joe Satriani. Le riff est ici rejoué avec un accent électro et un fort travail au niveau des filtres sur les voix. Le tout accompagné d'un pattern drum tout en légereté.






Certains diront que cela manque furieusement de groove.
En effet, cette musique n'est plus Hip hop mais le Hip hop est une influence parmis d'autre. Elle colle parfaitement à cette géneration I-pod qui a l'habitude de passer d'un style à l'autre en tournant une molette. Certains refusent cette vision du Hip Hop. C'est le cas de la mouvance Hipster qui se veut " traditionaliste " et opposé à ce courant beaucoup trop mainstream à leur gout. [2]

Cette accusation est peut être fondée mais il est difficile de nier que les sons et celui-ci en particulier sont bien "produits" et peuvent être de vrais réussites.
Tout est finalement une affaire de goût et c'est ici qu'intervient le conflit générationel inhérent au Hip Hop. Aujourd'hui, le Hip-Hop est une musique qui a 40 ans et qui contient en son sein deux ou trois générations d'auditeurs et une dizaine de styles différents. Autant dire que le consensus est pratiquement impossible.





Il est d'ailleurs amusant de voir que le fameux c'était mieux avant ne s'applique pas ici. Une Emcee comme Minaj est bien meilleure techniquement qu'une Lil Kim ou une Foxy Brown. On ira même jusqu'à dire qu'une Minaj moyenne est meilleure qu'une Eve au sommet de sa forme. Ce qui n'est pas sans provoquer quelques tensions comme en témoigne le "beef" entre Lil Kim et Minaj.
Ce beef éclate au grand jour dans un des couplets de Roman's Revenge qui s'adresse probablement à Queen Bee.

I-i-i-i-i-i-i-i-is this the thanks that I get for puttin you bitches on?
Is it my fault that all of you bitches gone?
Should've sent a Thank You note, you little hoe
Now I'ma wrap your coffin with a bow
"N-N-Nicki, she just mad cause you took the spot"
W-w-word? That bitch mad cause I took the spot?
Well bitch, if you ain't shittin then get off the pot


Ce duel marque également une autre évolution. Peut être la plus importante de toutes.
Le Mc'ing au féminin qui a toujours été méprisé semble changer son mode de revendication.
Avec Lil Kim, la surenchère sexuelle devient revendication féministe. Rien de mieux que la tactique du miroir pou renvoyer aux hommes leurs propres fantasmes en pleine tronche. Quitte à choquer.
Si cela s'avére necessaire pour combattre un environnement foncièrement machiste, cette stratégie implique cependant une vulgarité extrème comme dans le fameux Not Tonight





Avec Minaj, l'approche est légerement différente.
La Mc devient androgyne et se cache derrière son rôle de poupée Barbie. Elle joue volontairement la carte de l'ambiguité comme le démontre la pochette de ce Pink Friday et son couplet dévastateur sur Did it'on em.
La "vulgarité" n'y est pas absente mais l'allusion au sexe se veut beaucoup moins franche que chez son ainée.

All these bitches is my sons
and I'ma go and get some bibs for 'em
a couple formulas, little pretty lids on 'em
If i had a dick, I would pull it out and piss on 'em
Let me shake it off
I just signed a couple deals i might break you off
and we ain't making up I don't need a mediator
Just let them bums blow steam, radiator



Autre changement révélateur, le management de ces artistes semblent montrer une certaine émancipation. Dans les années 90,la mode est aux " First Lady". Lil Kim était la protégée de Biggie et membre du crew Junior Mafia. Eve la "first Lady" du Ruff Ryders. Foxy Brown elle était la présence féminine au sein de The Firm.
Toutes ces artistes aussi talentueuses soit-elle ont vu leurs carrières reliées à celle de leurs groupes ou à un mentor prestigieux.
L'exemple parfait étant la jeune Amil, ex First Lady de Roc-A-Fella dont la carrière a été brisé par le seul désir de Jay-Z. Amil dont on devine aujourd'hui tout le ressentiment envers l'industrie du disque dans cette interview.


"I’m not the one to talk about other female rappers. Truth be told, I think we’re all in the same boat. It’s hard for a female rapper to even blow like that"

Minaj elle, a su s'imposer en tant qu'artiste. Rentré chez Young Money à la seul force de son talent (et de ces ventes), elle est une véritable tête d'affiche du crew de Lil Wayne. Et c'est là sa plus grande victoire et une porte ouverte pour nombre de female mc's. Les temps changent comme dirait Solaar. Et on ne va pas s'en plaindre.


Ann-Sé

Source : [1] Interview de Bangladesh sur Tsugi.fr

[2] Hipster Rap : The Savior of Hip Hop ?

mercredi 2 février 2011

Oh, My NOLA !


Ces derniers temps, la ville de la Nouvelle Orleans est de retour au premier plan.Bien aidé il est vrai par le succès de la série Treme réalisé par le réalisateur de The Wire, David Simon.
5 ans après Katrina, ce haut lieu de la culture noire-americaine retrouve un semblant d'emballement médiatique. Récemment, c'est France 2 qui dans son édition de 13h15 faisait un focus sur la ville de Louis Armstrong.

Dans ce reportage, on n'apprend rien de transcendant sur cette ville au bouillonement artistique pourtant incroyable.
En effet, se plonger dans le style musical de Big Easy, c'est couvrir toute l'histoire de la musique noire-américaine. Commençons par Scott Joplin, maitre incontésté du ragtime une musique annonciatrice du jazz qui a court dans les rues de N.O dès la fin du XIXème siècle jusqu'au année 20.
Enchainons avec le style New-Orleans incarné par le célèbre Louis Armstrong, le méconnu Jelly Roll-Morton ou le "frenchy" Sydney Bechet à partir des années 30.
Nous voici désormais dans les années 50-60 et Fats Domino retourne l'Amerique et le reste du monde de son rhythme and blues.
Achevons note voyage temporel par le gangsta rap des Hot Boys (premier groupe de Lil Wayne qui est également originaire de NOLA).
La liste aurait pu être plus longue tant l'histoire de la Nouvelle Orleans est riche en artiste ayant marqué la musique.

Pourtant loin de se contenter de ce titre honorifique(contestable?) de lieu de naissance du Jazz, NOLA fait montre d'une créativité sans cesse renouvelée.
Galvanisé par cet énorme héritage musicale qui a poussé les habitants et musiciens de NOLA à se battre pour la sauvegarde leur ville, le mouvement hip hop local a crée dans les années 90, un courant simple et représentatif de l'esprit Big Easy : Le Bounce Dance.




Cette danse comportant des pas de lockin' ou de popin' est spécifique à NOLA.
A l'instar du fameux C-Walk californien, le Bounce Dance a sa propre musique. Mélange de Rap et de Dance survitaminé ou remix ultra péchu de titre déja existant, le Bounce Dance n'a pas vocation a être considéré comme un courant à part entière.
Les artistes "Bounce" sont reconnus au sein de la ville et de l'état de Louisianne mais leur notoriété atteint rarement le niveau national. Autrement dit, peu de chance que vous attendiez parler de Magnolia Shorty (Artiste majeur de la Bounce Music), ancienne de No Limit Records décédée récemment, de Sissy Noby ou Big Freedia.
Pourtant, un(e) artiste comme Freedia fracasse les codes et mérite de se retrouver sous le feux des projecteurs.
Ne serait-ce que pour le symbole qu'il représente face à l'homophobie latente au sein du mouvement hip hop (Sexion d'Assault si tu me lis!).
Voici un court reportage sur le Bounce Dance avec un éclairage tout particulier sur Big Freedia "Queen" autoproclamée de la Bounce Music.



Petit teasing en passant, un article traitant entre autre de Freedia et de l'homophobie dans le Hip Hop est à venir rédigé par le toujours très affuté Nicolas.
Pour terminer, petits extraits vidéos d'artistes Bounce en commençant par Magnolia Shorty. Premier son à la qualité un peu dirty mais représentatif du style Bounce.




Toujours Magnolia Shorty avec un titre " Monkey On That Dick" assez poétique.



Un live de Choppa pour terminer. Attention, il faut s'accrocher !



Aujourd'hui, le renouveau du mouvement Bounce va de paire avec la résurrection de la ville. Il est important pour une ville comme NOLA de continuer à créer.
Ce processus créatif est inscrit dans les gènes de cette ville et cette tradition ne doit-jamais se perdre. Elle fait rêver des milliers de musiciens et amateurs de musique à traveers le monde et constitue le plus beau trésor de cette ville unique.
Il est d'ailleurs tout aussi important que les Hornets (l'équipe NBA de Nola) et son leader Chris Paul reste à la Nouvelle Orleans. C'est par des choses aussi futiles en apparence que Big Easy s'assure un semblant de survie.
Que l'on soit américain ou non, fan de jazz ou non, on ne peut que souhaiter que ce centre culturel historique ne disparaisse pas.
Si c'était le cas, c'est tout un pan de l'histoire musicale MONDIALE qui viendrait à disparaitre...

Zayyad

dimanche 16 janvier 2011

Un long dimanche de Freestyle

Salut l'ami,
Je reviens tout juste de ta mise en terre.
Qu'est ce que t'as du te marrer !
Nous voir tous encostardés, au bord des larmes autour de toi t'aurai fait hurler de rire, nous le savions.
Jamais de ton vivant, on ne t'avait accordé autant d'attention et louer ton amour de la vie, et même des gens que tu n'avais pas vu depuis des lustres se frappait la poitrine en hurlant.
C'était mon cas et crois moi que je le regrette. Et je ne dis pas ça, parce qu'avec ta disparition, c'est 1/3 du lectorat de ce blog qui s'en va non...
Je dis ça parce que je regrette sincérement que nos chemins se soient quelque peu séparés et que nos échanges se soient réduits à de furieuses batailles d'idées virtuelles.

Et Dieu sait que tu aimais te battre.
Depuis que l'on se connait, je n'ai jamais rencontré personne d'aussi bagarreur que toi. Les morveux du bac à sable de Romain Rolland s'en souviennent encore et les pleurs de ces mêmes morveux doivent encore raisonner dans le préaut pour les gouters que tu chippais sans aucune élégance(euphémisme).
Plus tard, c'est sur les terrains que tu te castagnais.
En terme sportif, on dirait que tu étais un compétiteur dans l'âme. Toujours prêt à se frotter à l'adversaire. Le coup de tête administré à un anonyme attaquant de Louvres restera dans ma mémoire comme celui de Zidane sur Materazzi..

Mais finalement, ta plus grande bagarre, c'était celle que tu livrais contre la maladie. Ennemie invisible mais foutrement plus présente qui ne te laissais pas vraiment de répit. J'étais là quand cette salope s'est déclarée pour la première fois. On avait 4 piges peut être plus.
Tu t'étais écroulé de ce banc où l'on attendait sagement que nos parents nous délivre de l'école.
Je te revois encore convulser alors que j'étais présent à deux mètres sans savoir quoi faire. Je me souviens des blouses blanches faisant irruption dans la salle, du branquart et du visage effrayé de la maitresse.Je me souviens aussi que c'est là que j'ai appris le sens du mot respiration et du mot insufficence. Cette saloperie d'épisode m'a marqué.Depuis je déteste les préauts et l'école maternelle.

Alors on a grandi ensemble et suivi les mêmes chemins de bohêmes. Pendant que j'aspirais à élever la nonchalance au rang de style de vie, tu te dépatouillais pour vivre avec les limites laissées par la maladie.
Lorsque je me moquais gentiment des amnésiques préssés qui peuplent la ville de Paris que tu aimais tant, tu me faisais remarquer que même si tu ne courais pas, tu étais à ta manière beaucoup plus préssé qu'eux. A ta manière, tu étais un sprinteur.
Tu appellais ça dans tes textes et freestyle, "la vie chronométrée".
Un concept qui n'avait finalement que peu de sens pour nous alors que c'était malheuresement ton quotidien que tu résumais ainsi.

Tes freestyles justement...
Mec, maintenant que tu es parti je peux l'écrire.
Tu étais vraiment "dope".
Surement pas le meilleur rappeur du monde mais de loin le MC le plus passioné qu'il m'est été donné de rencontrer. Même avec tes soucis de santé, la passion du cyph' ne t'as jamais quitté et lorsque ta voix ne pouvait plus suivre, c'est tout naturellement que tu t'es dirigé vers les platines pour " parler avec tes doigts".
Parce qu'au fond, parler tu n'auras fait que ça. Parce que le hip hop était une de tes armes préférées contre le sort qui semblait s'acherner contre toi. Tu tenais à faire face avec humour, t'autoproclamant tour à tour " MC 1 Poumon " ou Ben " The Voice" Biozondama.
J'ai toujours admiré ton sens de l'ironie et de l'autodérision qui te rendait si dur à confondre en battle ou en freestyle. On ne savait jamais si on t'avait touché ou pas tant tu étais capable de rebondir avec ironie.


Il n'y a rien à redire, tu étais un putain de MC !
Le malheur de notre art maudit étant qu'aucune de nos performances ne sont gravées dans le Wax.Le souvenir du merveilleux artiste que tu étais disparaîtra avec nos souvenirs.
Le petit Stéphane ne saura jamais que son frère était un rappeur de talent voir même meilleur que ceux qu'il voit à la TV.
Ou tout du moins, il ne pourra pas en juger par lui même.
Parce que tu peux compter sur nous pour que tout ces souvenirs ne meurt pas.
Je garderai en mémoire les cyph' pourris du terrain vague pas loin de chez moi.
Un radio casssette en guise de blaster. Des hésitations tous les 4 mots. Un vocabulaire limité à ces mêmes 4 mots, une fluidité digne du périph' aux heures de pointes.
Nos débuts quoi...

Je me souviendrai aussi des heures de gloires.
Des freestyles battles à la sortie des soirées où l'on en mettait plein la vue à une gente féminine qui venait de découvrir Eminem et 8 Mile et qui trouvait ça tellement " mignooon".
Je me souviendrai de ces soirs de victoire où on avait l'impression d'être les rois du monde alors qu'on venait juste de gagner un battle dans une MJC de quartier.
Pop champagne avant l'heure !
De même que de tes tentatives pathétiques pour essayer de me prendre en défaut en contest.Toujours cet esprit de compétiteur qui haissait la défaite...

Raison pour laquelle lorsque j'essaye de me représenter ma passion pour le Hip Hop ou pour la musique en géneral, c'est toujours ton image qui me vient à l'esprit.
Celle d'un type qui assume ces choix douteux(nombreux !!!) avec fougue et détermination.
Un type qui a essayé pendant 1 an de me persuader que 808s & Heartbreak de Kanye West était un grand album !
D'ailleurs je suis étonné que Kanye ne se fende pas d'un communiqué pour saluer la mémoire de sa plus grande groupie, capable de le défendre dans à peu près n'importe quelles circonstances. C'est aussi ce que j'aimais chez toi.
Cette capacité à t'enflammer lorsque que l'on parlait de musique et à défendre mordicus tes positions quitte à user parfois d'un peu(beaucoup)de mauvaise foi.
Surtout lorsqu'il s'agissait de te moquer gentiment de mes articles que tu trouvais " d'une prétention digne d'un spécialiste de jazz ". Lire mes chroniques était pour toi un exercice fascinant. Cela te fascinait de voir comment la médiocrité pouvait se camoufler derrière un verbiage complexe à outrance. Histoire de mettre du vernis sur l'ignorance. Et les fautes d'orthographes !

" Incroyable de lire des analyses dignes de Pitchfork écrites avec un niveau d'orthographe digne du CM2 !" [compliment douteux!]

Ah, enfoiré !
Rien que d'écrire cette phrase, je sais que tu vas me manquer.Depuis quelques jours, j'avais une furieuse envie de verber qui me piquottait les doigts.Peut être parce que je me rends compte que c'est finalement toujours le même processus qui est à l'oeuvre, et que contrairement à ce que dit l'adage, la mort ne remet pas les compteurs à zéro.
Ta disparition fait écho à celle de ce pauvre Pitto, une énième rencontre indienne qui doit certainement reposer dans une fosse commune à l'heure qu'il est.
Celle que l'on reserve à ceux que l'on ne peut identifier, à ceux qui errent la nuit dans les rues de Mumbai et que l'on retrouve souvent mort au petit matin près d'une poubelle.Sans nom et donc sans passé.

Personne pour lui écrire sur son wall Facebook.
Personne pour twitter son décès.
Personne pour lui rendre hommage et aucun lieu de recueillement décent.
Sa famille avec qui il avait coupé les ponts ne sera probablement jamais au courant de son décès.
Après 6 mois, il est déja oublié de tous, comme s'il n'avait jamais existé et c'est là que réside cette putain d'inégalité.

Loin de moi l'idée de dire que tous les hommages qui s'abattent sur toi ces temps ci n'ont pas lieu d'être.
Encore que, je suis sceptique sur ces amis made in Facebook qui ont quand même réussi à te souhaiter ton anniversaire après ton décès (!!!).
Non, je suis juste profondément triste lorsque je comprends toute l'horreur de l'idée de mourir seul et oublié de tous et que la vrai folie du monde d'aujourd'hui est de rendre cela possible et presque banale.
Dans mon esprit, je refuse cette possibilité. C'est pour ça que je n'oublirai pas.
Je ne t'oublirai pas comme je n'oublirai pas Pitto, Chris et tous les autres.
Parce qu'on avait cette passion commune qu'est le Hip Hop.Pour une fois, ce truc doit servir à autre chose qu'à se faire de l'argent ou se donner une pseudo image.
C'est pour ça que je vous dédie à tous ce freestyle. Il a été enregistré avant tout cela mais je tiens absolument à vous le dédier. Comme un hommage entre vrai musicien que nous sommes peut être et comme passionée de freestyle que nous étions surement. En tant que parti du cypher, notre confrérie est éternel, j'en suis sur !

Un Long Dimanche de Freestyle


Adieu l'ami

RIP Ben " The Voice" Biozondama (1987- 2011)
RIP Pitto ( ??- 2010)
RIP Abir Hamza ( 1987- 2008)
RIP Chris'( 1984- 2005)

vendredi 14 janvier 2011

M.I.A lance son Vicki Leex !


C'était pour beaucoup une des déceptions de l'année passée.
/\/\/\Y/\, le dernier album de M.I.A n'a pas reçu un accueil chaleureux au sein de la blogosphère. Loin de là.
Il est vrai que cet album manque certainement d'imagination et peut être aussi de ce grain de folie qui a rendu cet anglaise d'adoption si célèbre. Face à ce constat cinglant, M.I.A a décidé d'opérer un retour au source. Un retour à ce qui a formé ce vaste bordel sonore qui la caractérise : La Mixtape.


A peine basculait-on en 2011 que M.I.A lançait sur le net une mixtape du nom de Vicki Leex. Un nom particulièrement bien choisi et qui réchauffera peut être le coeur de Julien Assange en cette période difficile pour lui... Ou pas !
En ce qui nous concerne, cette mixtape est une vrai bonne nouvelle parce qu'elle marque le retour de Diplo au niveau de la production.
Après s'être senti plutôt exclu du processus créatif du dernier album et après avoir mis en doute la volonté de M.I.A de se donner à fond pour celui-ci, la moitié du binôme Major Lazer revient aux affaires.
On se dit qu'il n'aurait pas accepter de bosser à nouveau avec M.I.A à moins que celle-ci fasse montre d'une certaine motivation. Le résultat n'est pas absolument génial mais est déja meilleur que l'album précedent.Alors certes, Vicki Leex n'est pas au niveau d'un Piracy Funds Volume 1. Certes le nombre d'inédit est limité mais cette mixtape mérite néanmoins un coup d'oreille.

Pour la mixtape, ça se passe . Et un petit souvenir, ça fait jamais de mal hein.



Zayyad

jeudi 13 janvier 2011

Une gifle et une news !

Tracks, le magasine culturel d'Arte est incontestablement une des toutes meilleures émissions qu'abrite la boite magique lorsqu'il s'agit de musique.
Grâce à une sélection des plus éclectiques, on est quasiment certain de repérer un artiste qui vous retourne le cerveau.C'est mon cas avec les artistes qui vont suivre.

L'artiste ou les artistes en question n'ont rien de confidentiel pour les amateurs de musique classique. Enfin j'imagine...
Philip Glass et Yo-Yo Ma sont en effet des artistes plus que reconnus. Effectuez un check rapide sur la page Wiki de Philip Glass, vous y lirez qu'il est considéré comme "l'un des compositeurs les plus influents de la fin du XXème siècle ". Rien que cela...
Quand à Yo-Yo Ma, à part me rappeler le girl band hip hop Yo! Majesty que j'apprecie plus que de raison (s'il vous en faut une !),ce nom ne signifiait pas grand chose pour moi.

Pourtant Philip Glass et Yo-Yo Ma viennent de me mettre la gifle musicale du mois de Janvier.
En effet,Naqoyqatsi est un morceau incroyable.
Sous ce nom improbable se cache une entité vivante qui vous prend aux trippes, vous assène des coups de poing dans l'estomac en vous sussurant des mots doux à l'oreille d'un ton angoissant.
Un vrai morceau pour masochiste.
Un morceau plein d'émotion comme seule la musique classique semble pouvoir en offrir.




Pour la petite histoire, Naqoyqatsi est extrait de la B.O du film du même nom dont la musique a été entièrement dirigée par Philip Glass.
Le film réalisé par Godfrey Reggio est lui part intégrante de la trilogie des quatsi dont la réalisation a débuté en 1975 et a été achevé en 2002 par Naqoyqatsi.
En fouillant le net,on trouve quelques critiques très positives sur la dite trilogie qui donnent envie de s'y pencher.
Soit des devoirs culturels en perspective, merci Tracks !

Après avoir navigué dans des contrés obscures, retour en terrain connu pour la deuxième partie de ce billet avec des nouvelles du talentueux José James.
J'ai beaucoup parlé de cet élégant jazz singer à la technique irréprochable surtout lorsqu'il s'agissait de faire un focus sur sa collaboration avec Flying Lotus.
Cela tombe bien, c'est toujours accompagné de Fly Lo que José James nous livre son nouveau morceau intitulé "Vicadin".
Un morceau sombre aux paroles mélanconliques qui porte bien la marque de Flying Lotus et qui est dans la continuité de ce que l'on a pu entendre sur Blackmagic, un des deux albums de José James sorti l'an dernier.

VICADIN by josejamesworldwide

Enjoy !


Zayyad

mercredi 12 janvier 2011

Agenda : Brassens @ Cité de la Musique


Rien de mieux pour commencer une journée que d'apprendre une bonne nouvelle.
Alors si je vous disais qu'après la somptueuse exposition de l'an dernier sur Miles Davis, la cité de la musique prépare une exposition du même ordre sur Georges Brassens ?

Là, vous me direz peut être oui et alors ?
Malheuresement bien moins "sexy" qu'un Miles Davis star planétaire du jazz, Brassens n'évoque plus que l'image d'un chanteur d'un autre temps.
Brassens, c'est des chansons apprises au collège(ah les cours de musique) ou des chansons d'émissions de variétés qui nous semblent familières mais démodés.
Et pourtant! Pour avoir rattrapé mon ignorance sur la musique du Monsieur cet été, je peux vous assurer qu'en terme d'actualité et d'engagement, Brassens n'a rien à envier à nos rappeurs d'aujourd'hui.

En plus d'un musicalité et d'une virtuosité d'écriture absolument IM-COM-PA-RABLE, Brassens a toujours fait preuve d'une certaine tendresse pour "l'élite du pavé" très présente dans ces textes.
Il faut avouer que parler de la rue en ces termes est autrement plus délicat que d'évoquer "le ter ter" cher à Morsay.
Prenons pour exemple "Le Bistrot" qui est une de mes chansons favorites parce qu'elles illustrent bien les qualités que j'évoquais précedement.




Mettre en lumière cet aspect de Brassens tombé un peu dans l'oubli, c'est l'objectif avoué de cette exposition :

"Qui ne connaît pas Brassens ? Tout le monde a chantonné un jour l’une de ses chansons : Le Gorille, Les Amoureux des bancs publics, Auprès de mon arbre et bien d’autres. L’homme est installé dans la mémoire collective avec l’image parfois consensuelle du père tranquille que l’on chante en famille au coin du feu ou celle de l’ami qui nous rassure.

Il est temps de redécouvrir que derrière la figure fleurant bon la France d’antan, se cache un individu rare, hautement lettré, fin connaisseur des grandes figures de la poésie française, et aussi un formidable musicien pétri du swing et amoureux de Charles Trenet ; un libertaire qui choisira une voie individuelle plutôt que les combats collectifs, sans renier ses convictions, s’opposant à la guerre, à la morale bien-pensante ou à l’arbitraire de la justice et de la police ; une force tranquille, inébranlable dans le tourbillon du succès, qui n’a jamais suivi que sa petite musique intérieure"


Pour info, on retrouvera notamment Joan Sfar, auteur de son état mais aussi réalisateur du dernier biopic sur Gainsbourg en tant que commissionaire de cette expo'. Cela laisse augurer de belles choses quand à l'agencement de l'exposition.Vivement Mars 2011...

Les infos sur l'expo sont disponibles sur le site de la Cité de la musique

Zayyad

PS: Merci Coline pour l'information.

mardi 11 janvier 2011

La vidéo zarb' du jour


J'adore Nosaj Thing.
Pas encore au niveau d'un Fly Lo ou d'un Deadelus, Nosaj est pourtant un de mes artistes préférés au sein de cette scène pleine d'artistes inclassables et bourrés de talent. Je me réecoute encore très souvent "Drift" sorti en 2009 signe que cet album est de qualité.
En ce début d'année, Nosaj sort un album remix de Drift chez Alpha Pup porté par cette vidéo plutôt étrange.Je vous laisse vous faire votre opinion et ne ferait pas de commentaire sur la vidéo en question. En attendant une chronique de cet album remix arrive bientôt.




Zayyad