Il y a des moments où l'on souhaite retrouver sa candeur d'autrefois. On ressent surtout cette sensation dans des instants particuliers ..Comme lorsqu'on se rend compte que l'on s'apprête à quitter le régime étudiant pour se jeter dans le monde du travail. Il fait peur ce monde du travail, d'autant que l'on apprend que la retraite à 60 ans fait désormais partie du passé ! Joli timing..
Alors pour fuir ces questions semi existentielles, rien de tel que les dessins animés. La panthère rose par exemple. Le genre de dessin animé qui parle à tout le monde grâce à son générique. Personnellement, j'ai jamais été foutu de regarder ne serait ce qu'un épisode en intégralité mais j'aime ce dessin animé qui fait parti de mon enfance.
Alors quand je tombe par hasard sur la compilation Pink Panther's Penthouse Party, je ne peux que sourire à la vue du concept. Vous l'aurez compris, toute la compilation tourne autour de l'univers de la panthère.
On y retrouve bien sur le célèbre générique composé par Henry Mancini mais pas seulement. Sont réunis sur cette galette des remixeurs de haute volés, des proches de Mancini (son fils Chris) et d'autre artistes qu'on a foutu là parce que ça fait bien.
Honnêtement, cet compilation n'a pas de grande prétention mais il fait du bien. Lorsque j'évoquais des remixeurs de haute volés, je pensais à la prestation de FatBoy Slim. Vous vous rappelez de Fatboy Slim ? C'est Typiquement le genre de mec qui ont marqué mon enfance ( Fifa 99 mon gars !) et que je dédaigne bêtement. On se fait vieux les amis...
Donc ce Fatboy Slim se rappelle à mon bon souvenir avec un énorme Weapon of Choice! J'avais pas vu le coup venir. J'ai apprécié aussi le remix de Fisherpooner que je ne connais absolument pas. Ludovic Navarre aka Saint Germain lui m'est plus familier et fait toujours plaisir à entendre. Dimitri from Paris et Fantastic Plastic Machine eux sont mes découvertes de cette compil'. J'ai toujours aimé les noms farfelues et leurs morceau sont bons. Je digge ça intensément.
Je pourrais accumuler les morceaux. Ils sont tous plus ou moins bon. Si cette compil' est sans prétention, elle n'en n'est pas moins agréable et l'ambiance générale me plaît. Vous aurez compris que je vous invite à digger celle-ci franchement. C'est peut-être ainsi que l'on restera de grands enfants..
Voila une info qui aurait pu passer aux travers des gouttes. Dans l'immense marée des quotidiens gratuits qui fondent sur nous plus vite qu'une marée noire sponsorisée par BP, vous ne l'avez peut être pas noté mais il n'y aura pas de Furia Sound Festival cette année.
Raison invoquée : Le désengagement de la ville de Cergy Pontoise qui souhaite développer une nouvelle politique culturelle. Une histoire de sous donc. Une de plus. Sans rentrer dans des considérations politiques, cette histoire souligne l'incroyable précarité des manifestations culturelles en France qui semblent ne pouvoir vivre que sous perfusion de l'Etat et des collectivités locales.
Un festival comme le Furia Sound semblait pourtant (à mes yeux naïfs, externes à tous ça) drainer un nombre de visiteurs suffisant et bénéficier d'une réputation suffisamment flatteuse pour qu'on puisse penser qu'il soit protégé. Pas protégé financièrement. On entend parler régulièrement des difficultés des organisateurs de concerts d'avoir une salle dans Paris ou des difficultés d'organiser des évènements sans aides financières extérieures. Nous sommes malheureusement rodés à ce discours.
Non là où je suis surpris c'est que la mairie de Cergy Pontoise est souhaitée "renouveller sa politique" en se privant de cet évènement qui, à mes yeux est un des meilleurs festoches francilien. Peut être parce que j'ai encore en tête la performance exceptionnelle de The Roots (dans mon top 3 des Concert vu et approuvé easy) ...
Peut être est-ce là l'affectif qui parle. Parce qu'en me balladant sur le Net pour rédiger ce billet, je me suis aperçu que bon nombre de gens pointaient du doigt la programmation de ce festival mais on s'égare.
Le vrai problème que souligne cette brève est la fragilité des manifestations culturelle. On connait la rengaine, la culture est l'éternel parent pauvre dans les périodes de crises. On pourrait arguer que certains festivals se portent très bien, que la culture n'a jamais été autant partagé. C'est possible mais je pense que cela est essentiellement dû à la passion de ces gens qui se battent pour organiser de tels évènement.
Pour en revenir au Furia Sound Festival, je ne connais pas la raison finale de cette annulation. Que ce soit pour une raison politique, financière, ou dieu sait quoi, je n'ai que plus d'admiration pour les organisateurs de ces évènements qui doivent avoir la vie dure.
En tout cas, je souhaite aux organisateurs du Furia Sound qu'ils puissent vite rebondir et organiser une autre édition l'année prochaine.
Dans le monde de l’industrie musicale, la mode est de plus en plus au side project. Bon nombre sont les artistes qui profitent de « pauses » dans leur groupe respectif pour se lancer dans de nouvelles expérimentations ou orientations artistiques. Vous l’aurez compris, si j’introduis ce point c’est que Crooked Them Vultures est à ranger dans cette catégorie. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que le line up, composé de Dave Grohl, stakhanoviste de la musique qu’on ne présente plus (batteur de Nirvana et chanteur des Foo Fighters entre autre), John Paul Pones, bassiste de Led Zeppelin (là je vais quand même pas vous faire un dessin… enfin au cas où, allez jeter une oreille à “Stairways to Heaven” vous comprendrez !) et enfin Josh Homme, chanteur guitariste qui officie principalement au sein du groupe Queens of the Stone Age.
Ok c’est bien beau tout ça, mais l’habit ne fait pas le moine à ce qu’il parait, alors qu’est ce que cela donne concrètement ?
Pas la peine de passer par quatre chemins, l’album est une franche réussite. Nos trois compères font preuve d’une parfaite maîtrise tant au niveau des différents riffs et mélodies que des arrangements. Ne connaissant absolument rien de QOSA, j’ai découvert la voix de Josh Homme sur cette galette et, force est de constater que le bonhomme possède un bagage vocal de qualité qui se situe largement au dessus de la moyenne!
L’album ne possède pas, ou peu de pistes faibles. Les titres s’enchaînent avec un plaisir auditif non dissimulé. Et on peut le dire, il y en a pour tout les goûts. L’album démarre sur les chapeaux de roux avec l’explosif “No One Loves Me Neither Do I”, avec riffs maîtrisés et ses changements de rythme en veux-tu en voilà. Dès cette première piste, on saisit la volonté du groupe : nous amener là ou on ne s’attend pas à être. On retrouve cette dynamique sur les titres qui suivent tels que “Mind Eraser, No Chaser” et “New Fang”, où le rythme, l’intensité et la qualité ne baissent pas d’un iota. Vient ensuite “Dead end Friends”, où le potentiel vocal de Josh H. fait encore mouche. Vient ensuite le monumental “Elephants” : une intro enlevée, un chant et des riffs saccadés et maîtrisés, et surtout des ponts grandioses qui font passer le titre dans une autre dimension. Une vraie réussite !
Le reste de l’album s’inscrit dans la même continuité au niveau de la qualité, mais avec des morceaux davantage tournés vers le rock psychédélique (“Caligulove” ou “Reptiles”) avec des ambiances variées et inattendues (“Interludes with ludes” et son ambiance pesante, voire inquiétante). La seconde partie de l’album laisse davantage place aux envolées guitaristiques de notre ami Josh Homme, à travers des solos qui forcent le respect (“Warsaw or the first breath”).
Autant le dire tout de suite, Them Crooked Vultures c’est carré, efficace et maîtrisé, vous l’aurez compris. C’est peut-être là le seul reproche que l’on pourrait faire à l’album: Nos trois gars nous ont parfaitement livré ce que l’on attendait d’eux. Mais à mesure que chaque piste se dévoile, on se dit qu’il manque ce petit quelque chose, cette prise de risque ou un véritable hymne qui pourrait faire passer cette galette, du statut de très bon disque à celui de classique. Néanmoins, nos trois gars récitent parfaitement leurs gammes et se sont appliqués à nous pondre un très bon disque rock comme on est en droit de l’attendre. Ca ne sera peut-être pas le disque du siècle, mais ce sera à coup sûr l’un des disques de l’année.
Etant donné ce que l’on nous balance depuis quelque temps déjà (tout genre confondu!), on ne va quand même pas bouder notre plaisir !
PS : J’encourage à aller à la découverte de la discographie de Queens of The Stone Age, dans un style assez proche, et qui vaut le détour !
Je suis un éternel pessimiste. Mes collègues bordeliens ne manquent jamais une occasion de me le rappeler. Lorsque j’ai écris que l’année 2009 était sûrement une de mes pires années en terme d’écouteHip hop, ils me sont tombés dessus sans tarder. Les charognards !
C’est alors que le formidable polémiste aux éditos aussi long qu’intéressant me lança généreusement une liste d’album que j’aurai manqué et me renvoyaà mes chers études. Dans la dite liste, il insiste sur un album et un artiste dont le nom m’était foutrement inconnu : Fashawn (et vu sa tête, ça allait pas m'aider hein..)
En bon élève que je suis, je me suis donc mis à approfondir la chose. L’album dont il était question s’appelle “Boy Meets The World” et est effectivement sorti en 2009. En ce qui concerne l’artiste ,après l’avoir longtemps confondu avec Nashawn (Bravehearts RIP !), je trouve quelques infos intéressantes: FASHAWN est un jeune rappeur issue de la scène West Coast indie mais plus important, il fait parti de l’entourage d’EXILE, le génial producteur du groupe EMANON. Sont également présents sur la tracklist, Blu, Evidence et Aloe Blacc. Rien que ça. Ce Boy Meets World s’avère suffisamment hot pour que je choppe ce disque rapidement.
Après plusieurs écoutes, je peux donc m’empresser de faire mon rapport à mon contradicteur. Cet album loin d’influer sur mon opinion confirme ma vision de l’année 2009. (Eh PAF dans vos dents !) Bien sûr, cet album est bon mais il n’en restera aucun souvenir impérissable !
Autant le dire tout de suite, cet album doit beaucoup (pour ne pas dire presque tout) au talent d’Exile qui est, à mon sens, un des meilleurs producteurs dans son genre et qui produit ici quasiment l’intégralité de l’album. Mais nous y reviendrons plus tard. Parlons tout d’abord du MC.
Fashawn est un jeune rappeur et cela se voit. Plein d’énergie, une voix rafraichissante et des textes à revendre. Ce n’est néanmoins pas suffisant à un tel niveau pour laisser une trace durable chez l’auditeur. Quand on a pour partenaire un producteur du niveau d’Exile, on se doit d’être à la hauteur et ce n’est pas encore le cas de Fashawn qui est encore un peu juste techniquement. Sa monotonie dans le flow est son principal défaut. Sur ce point, il souffre de la comparaison avec Blu qui a lui aussi sorti il y a quelques années un album commun avec Exile (l’estimé Below The Heavens)
Enfin, Fashawn ne se distingue pas par des qualités lyricales exceptionnelles. Son propos ne sort pas des sentiers battus par ces prédécesseurs, même si je reconnais qu’il s’en sort parfois très bien face à des invités qui auraient pu lui voler la vedette (je pense ici à Evidence qui m’a laissé très froid sur son complet).
Ce qui emmène cet album à un autre niveau, c’est le talent d’Aleksander Manfredi aka Exile Je suis Exile depuis l’époque d’Emanon et je n’ai jamais été déçu. Radio fut d’ailleurs un des rares albums à trouver grâce à mes yeux en 2009. Si j’aime Exile, c’est parce qu’ilfait partie de cette catégorie de producteur soulfull qui parvienne à le morceausamplé. Ecouter un album produit par Exile, c’est rentrer dans une bibliothèque sonore et notre culture musicale en sort toujours grandie.
Pour cet album par exemple, les samples sont d’origine diverses. Des plus connus au plus obscures. NWA, Talib Kweli, Nina Simone, Billy Paul ou Joanna Newsom. Il y a à boire et à manger pour tout le monde…
C’est là, à mon sens qu’Exile fait partie des grand. Il est l’égal d’un Kanye West à ces débuts (quand il donnait dans le soulfull). Ces types ont le talent de dénicher la boucle qu’il faut et de la mettre en valeur ce qui contrairement à ce qu’on peut penser n’est pas donné à tout le monde. C’est cette application qui donneà l’album toute sa chaleur et toute sa force. Démonstration avec la piste intitulée When she Calls .
La boucle est tirée d’un album de Joanna Newsom ( YST) , une harpiste célèbre à San Francisco (merci Wiki !).La façon dont Exile a intercalé la boucle extraite de l’album de Newsom et sa propre interprétation de la boucle de Newsom qu’il a rejouée au clavier est juste remarquable. On a l’impression d’un changement dans la continuité (un peu capillotracté n'est ce pas ?) qui fait qu’on ne peut s’ennuyer en écoutant ce morceau (chose qui arrive souvent en écoutant des albums soulfull surfaits).
Joanna Newsom- Cosmia
Fashawn- When She Calls
Extraordinaire également, la capacité d'Exile de presser une chanson comme une orange et d’en tirer tout autre chose. Je pense ici au travail réalisé sur Samsonite Man ou la basse, la boucle de piano et la voix sont samplés à des endroits différents d'un même morceau puis remodelés pour en faire quelque chose d’absolument neuf. Le sample choisi par Exile est un sample de Billy Paul extrait de l'album Feeling good at The Cadillac Club datée de 1968/1973. Les versions divergent mais 1968 correspondrait à l'album et 1973 à un live enregistré. Le morceau en question est magnifique. Il m'était absolument inconnu par ailleurs. Mais c'est bien connu Billy Paul est un trésor inépuisable !
Billy Paul- Don't think Twice, it's all right
Fashawn- “Samsonite Man” featuring Blu
On pourrait multiplier les exemples tout au long de l’album. Cet album, très bien ficelé musicalement parlant manquepourtant de ce grain de folie que pouvait avoir Radio. Il y manque le concept, l’originalité. Ici Exile donne dans l’exercice de style comme a pu le faire Erykah Badu dans New Amerykah Part II : The return of the Anhk. Ajouter à cela un rappeur plein de promesse mais encore trop tendre et vous obtenez un album agréable à écouter mais qui je le crains disparaitra vite des rayons de ma mémoire musicale. Belle découverte néanmoins que ce Boy Meets World pour chiller cet été.
Zayyad
PS : J'en ai pas parler encore mais vivement le retour d' Aloe Blacc qui met vraiment en appétit sur cette album !
Je vois beaucoup d’ignares porterce tee-shirt sans pour autant maîtriser les deux périodes afin de vraiment pouvoir dire qu'effectivement, c’est le cas… Attention! Je ne me déclare pas pour autant ô grand maître du HH! Je suis un simple amateur qui porte son regard sur la chose.
La musique HH se doit d’évoluer dans le bon sens… Cela passe comme dans toute entreprise par des produits vedettes, des produits "vache à lait", des produits pour marché de niche et donc un département Recherche & Développement, digne de ce nom pour tirer le tout vers le haut. Je comprends que l’ancien temps soit très souvent perçu (à juste titre) comme LA référence face au délabrement de la scène hiphop émergente (produits vedettes).
Bien qu’on compte nombre des reliquats de mauvais stéréotypes dans le rap mainstream, la scène underground est plus intéressante que jamais grâce à bien des circonstances…
Etat des lieux :
-Le Web a changé la vie de bien d’entre nous et le Hiphop n’a pas dérogé à la déferlante. La chose qu’on peut lui reconnaître c’est qu’il permet à beaucoup de se créer une culture musicale (pour la hype, par plaisir, pour produire ou pour rien)… => Merci les plateformes de téléchargement – Wikipédia – blogs - MTV Yo! (je rigole, R.I.P).
-Il était dans le passé bien plus facile de vivre de sons de bonne facture car le marché était plus petit et les revenus plus importants (CD, Vinyle). La dématérialisation du support musical a donc nui à un combo son de qualité/gains financiers. Les majors, chaînes TV, magazines HH (RIP) peinent à dégager des bonnes marges sur la numérisation de la musique ou sur la vente de leur espace publicitaire. Par conséquent, elle va chercher à viser plus large avec un produit qui a fait ses preuves par le passé et qui peut se démocratiser sans regarder des sous-genres à valeur ajoutée. Exemples : Little Brother qui se fait censurer son énorme Lovin' It en 2005 sur BET ou sous-noté dans Benzino et the Source (presque R.I.P.). The Boondocks, série made in Adult Swim évoque le thème dans cet épisode entre autres (Riley Wuz Here)
-Les maisons de disque effectuaient un tri plus qualitatif dans le passé, c’est à nous de le faire pour retrouver pléthore de bons artistes selon nos critères musicaux. D’ailleurs, 2009 n’est pas un aussi mauvais cru que certains peuvent le penser, car les classiques instantanés sont bien plus rares mais certaines galettes (produits pour un marché de niche) tendent à se bonifier avec le temps… (Mr. Z, I see you)
-Tout comme en littérature ou d’autres domaines, la globalisation nous conduit à ne plus pouvoir maîtriser une scène contemporaine dans son intégralité. Mésestimer l’état actuel de la scène hiphop sans vraiment ‘digger’ les sons est donc une erreur. Nous avons une overview grâce au Net (évoqué plus haut) sur la Golden Age. Une sélection est sciemment faite vers les bons directement, tout en oubliant les mauvais produits "vedette" qui ont pu cartonner (MC Hammer, Vanilla Ice)…
[ Aparté : Je ne vois pas l’intérêt du faire du N.W.A. en 2010… groupe West Side qui a (inconsciemment) fait très mal pendant cette période adulée ; le trafic des stéréotypes et les relans de gangsta rap standardisés qui font tant de mal à la perception des minorités en France et ailleurs. ]
Sachant que les ventes fléchissent, le HH listener est parti pour bouffer du son de moins en moins conscient et/ou transgressif en allumant la télé ou la radio -> plus le droit de parler quand on fait plus de sous, logique !
-La technologie disponible: il est désormais simple de créer sans pour autant avoir été formé à des outils compliqués (instruments ou solfège). D’où l’arrivée de profanes ne cherchant non pas à produire un son unique mais reproduire une tendance sans réel souci de qualité d’innovation. Les samples ne sont plus à la mode (quand NY et/ou LA dominaient le game), les beats minimalistes sudistes ayant pris le dessus. Sampler coûtait cher aux Biz Markie/KRS-One/ATCQ (Lou Reed et ses déclarations étranges), etc. mais maintenant les prix sont encore plus durs pour une musique qui rapporte bien moins (article très intéressant bien qu'ancien à ce sujet Is Sampling Dead ? par Matthew Newton).
-Les enjeux financiers ont pris le dessus depuis l’explosion de la scène musicale. Ce qui rend difficile le succès et met une pression supplémentaire de standard (cf. article sur le HH fr) à ceux qui veulent vivre de ce métier. Le single devenu le revenu numéro 1 (Ringtones/iTunes), l’album est bien moins soigné: Soulja Boy et son Crank That est l’exemple type. Cependant, des anciens sont encore là pour apporter cette touche de transition et d’autres prennent la relève avec succès.
Certes, je crois que la reconnaissance des paires est importante dans le métier mais celui qui lie cela à une touche de créativité et de succès gagne vraiment mon respect (OutKast, je pense à vous spontanément). M.I.A. ou Gnarls Barkley l’ont réussi aussi http://www.youtube.com/watch?v=fN4sQPz07ZY
Je reconnais que les succès de groupements talentueux par ex Soulquarians, D.I.T.C. ou Native Tongues reconnus par le public et le marché sont quasi révolus mais de très bonshommes sont dignes de sauver ce HH en tant que stars. Ex : Lupe Fiasco :
-> J’parle plus de la scène US évidemment, le fr étant dans de beaux draps. Jay-Z (produit "vache à lait") fait autre chose, dur de lui reprocher ça. Blueprint 3 n’est pas un album que j’apprécie, mais il est un moyen d’introduire le hiphop à d’autres et pourquoi pas pousser certains à mieux connaître le mouvement vu la facilité pour se créer une culture (cf. ci-dessus). Son passage à Glastonbury aussi.
Je repense au clash 50 Cent / Kanye West ou le récent retour d’Eminem. Ces événements redonnent de l’intérêt aux consommateurs et de l’engouement à un mouvement qui se distingue encore trop dans la catégorie faits divers (Lil’ Wayne, T.I., Gucci Mane).
Conclusion : Le HH était certainement mieux avant, mais je crois qu’il est important de ne pas dénigrer globalement ce dernier actuellement. La scène est bien plus diversifiée et ouverte que dans le passé. Nous avons juste à prendre un peu plus de temps pour le constater… Avec une scène alternative aussi dense et installée dans le paysage musical, il ne manque plus qu’aux produits 'vache à lait' de rivaliser d’ingéniosité pour vendre/créer avec une externalité positive sur les produits 'vedette'. À la fin des 90s; le HH était le premier vendeur de disques aux US, y a pas à dire le HH se mettait bien avant…
La mort de Guru a jeté un putain de froid. Comme lors de la perte d'un proche. Parce Guru, c'est finalement un mec qui a toujours fait partie de notre environnement. En bien ou en mal. Mais c'est la vie. C'est ainsi dira-t-on. Finalement, c'est lorsque la "communauté" hip hop perd un de ses membres les plus éminents qu'elle ressemble le plus à une vrai communauté. En effet, qui peut nier l'impact de Guru sur cette musique ?
Que l'on soit de la génération 80 et que l'on ai suivie l'épopée de Gangstarr depuis "No More Mister Nice Guy" ou que l'on ait pris le train en route comme moi, la peine est la même. Sincère. On s'est tous buté au son "made in Primo" dominée par la voix brute du Guru. On a tous notre album fétiche de ce groupe mythique. Le mien, Moment Of Truth.
J'avais gratté sur ce disque un texte insignifiant qui se voulait à l'époque, être une chronique (qui depuis s'est perdu dans les méandres du net). Reste l'affection que je porte à ce disque. You Know My Steez. Le gimmick d'ouverture. La voix de Guru ..Magique !
" That makes me know that, we we we we're doin We had the right idea in the beginning And and we just need to maintain our focus, and elevate We what we do we update our formulas We have certain formulas but we update em (oh right) with the times, and everything y'know And and so.. y'know The rhyme style is elevated The style of beats is elevated but it's still Guru and Premier And it's always a message involved"
C'est clair que ces deux là avaient trouvé la formule. Peu importe ce qu'il s'est passé entre eux, l'histoire se souviendra qu'ils formaient un duo exceptionnel. Un des meilleurs producteurs que le Hip Hop n'ait jamais vu, et un rappeur comme on en fait plus de nos jour! Né pour la rime et pour sauver ce damn' thing qu'on s'entête à appeler hip hop. Un type conscient de son rôle. Un MC !
Directement après You know My Steez, j'aime zapper sur le mythique Above The Clouds. Cette chanson pour moi est une sorte de perfection: La combinaison à son summum. Le beat planant dans une autre sphère (je reprend cette expression de mon premier article!). Le sample génial de John Dankworth utilisé par Primo.La voix lourde de Guru et la technique facile d'Inspectah Deck. Au jour d'aujourd'hui, j'aime Inspectah Deck uniquement pour ce son. J'ai toujours trouvé que ce morceau était d'une justesse incroyable. On vole en écoutant ce track. Above The Clouds c'est la chanson que l' on écoute dans l'avion en regardant les nuages pendant que l'hôtesse propose son café dégeulasse. Fermez les yeux et imaginez pour voir...
Je déteste les oraisons funèbres ..surtout quand elle manque de talent! Je vais donc éviter de sombrer dans la pleurnicherie facile. Guru n'était pas dans mon top 5 des best rapper alive. Et si celui-ci existe, il n'y entrera pas demain. Cependant j'ai énormément apprécié son taf. Que ce soit avec Gangstarr ou les premiers Jazzmatazz, c'était pour moi l'illustration de ce que doit être un MC: Conscious, Entertainer, talentueux et passionné...
Une légende s'en est allée. Au delà des nuages.
" Above the crowds, above the clouds where the sounds are original Infinite skills create miracles Warrior spiritual -- above the clouds reigning/raining down, holdin it down"
R.I.P. GURU ( 1966-2010)
clickez sur le titre, il donne sur un lien où l'on peut lire la dernière lettre qu'il a laissé avant de partir
Dans les innombrables débats que je peux avoir avec certains gratteurs de Bordel®, il y en a un qui promet toujours des éclats de voix. Celui de l’existence de scènes distinctes selon les pays (dédicace à la Miss A.). Autrement dit, existe-t-il une scène rap français ?
Tout ceci peut paraître évident mais il n’en est rien. Qu’est ce qui caractérise la scène rap français ? Un son ? Des thématiques ? Une conception de la musique différente de ces homologues américains ?
Selon le Larousse, une scène se définit comme «le lieu où s’exerce une activité humaine ». L'unité d'unescène se constituerait donc au niveau de la localisation géographique. Cette affirmation peut-être facilement réfutée: Des artistes aussi différents qu’Hocus Pocus et Booba appartiennent à l’espace français, pourtant on conviendra qu’il y autant de différences de style entre les deux qu’entre Marc Lévy et Baudelaire. Difficile de les classer sous un même étendard.
On le voit l’utilisation du mot scène est finalement plus complexe qu’on pourrait le penser.
Que penser également des artistes issus du continent Africain, exilés à l’étranger et qui sont de suite érigés en héros de la scène Africaine ?
Doit-on les classer au sein de la scène Africaine ou ailleurs?
De cette lignée d'artiste, K’naan est le dernier en date. Son album "Troubadour" sorti en 2009 est le parfait exemple de cette contradiction. En surfant sur le net, on s’aperçoit qu’il est impossible de parler de cet album sans le présenter comme un produit du continent africain ou digne représentant de la scène Africaine.
..Ce qui a le don de m’horripiler fortement.
Je m’explique. K’naan a quitté la Somalie et habite désormais au Canada. Il chante en Anglais et son public est essentiellement nord-américain. Pour quelqu’un qui a écouté Troubadour"", cet album sonne typiquement Nord-américain. L'album est produit par Track & Field qui ne sont autre que Brian West et Gerald Eaton. Deux producteurs R&B US qui ont bossé avec Nelly Furtado. Les featurings (Mos Def, Charli 2na, Damian Marley, Adam Levine..) montrent également l’empreinte Made In USA.
Bien sûr des influences africaines sont présentes aussi bien dans les lyrics que dans le son (sample de Mulatu Astake et de Tiahoun Gessese).
Bien sûr l’histoire personnel de l’artiste est fortement liée à ce continent et ce, d’une manière tragique mais nous parlons icistrictement en terme musical.
Cette relation est-elle suffisante pour ériger K’naan en héros du hiphop somalien ?
J’avoue humblement ne pas être un expert en termes de hip hop africain en général et somalien en particulier, mais il me semblerait plus juste musicalement parlant de nommer comme tel un artiste local qui s’inscrirait dans cette mouvance. Placer K’naan au sein d’une scène Africaine/Somaliennepourrait passer pour une immense preuve de condescendance envers la dite scène ; scène dont au passage on ne parle jamais.
Je ne pense pas que ce soit le cas. Je pense qu’il s’agit davantage d’une ignorance inavouée de la part de la plupart des chroniqueurs, planquée sous un raccourci trop facile. Pour ma part, K’naan, héros de la scène somalienne non…. mais héraut de la Somalie à l’étranger évidemment.
D’autant que lorsqu’on s’arrête vraiment sur cet album, on s’aperçoit que ce n’est pas tant l’Afrique (ou la Somalie) que K’naan décrit. C’est davantage l’errance d’une diaspora africaine obligée de s’exiler pour vivre ou le fait d’être trimballer d’un continent à un autre dans des circonstances aussi terribles. Egalement, la nostalgie du pays, les souvenirs traumatisant d’une enfance, l’arrivée dans un eldorado fantasmé avec ces joies et ces déceptions... Finalement cet album ressemble à son auteur. C'est un pont entre deux cultures que tente de décrire K'naan. Et on peut dire qu'à défaut d’être magnifique, sa plume vise et touche juste.
Dans Wavin’ Flag, K’naan a l’intelligence de ne pas tomber dans le cliché africain et universalise son propos. Finalement, on peut appliquer les paroles de cette chanson aux bidonvilles de Mogadiscio, au project de Brooklyn ou à la cité des 4000. Jugez par vous même...
" Born to a throne, stronger than Rome But Violent prone, poor people zone But it’s my home, all I have known Where I got grown, streets we would roam But out of the darkness, I came the farthest Among the hardest survival Learn from these streets, it can be bleak Except no defeat, surrender retreat "
Pas étonnant que cette chanson est été choisie comme hymne officiel du Mondial Sud Africain.
Dans Fatima, on touche au désastre de l’enfance brisée. De cette période où les rêves s’effacent devant une froide réalité. K’naan évoque ce passage avec une retenue plus qu’émouvante.
"Fatima, What did the Young Man say Before he stole you away On that fateful day Fatima Fatima, Did he know your name Or the plans we made, To go to New York City, Fatima"
15 Minutes Away décrit les galères d'argent et l'attente angoissante du mandat Western Union. Tellement vrai.
Somalia et America soulignent l’écartèlement de l’auteur entre ses deux patries. Sur America, K'naan chante symboliquement en somali accompagné d'un Mos Def et d'un ex de Jurassic 5 tout deux plutôt faiblards. Somalia est une ode comme le dit K'naan: Un manuel d'intégration comme on aimerait le présenter à Brice Hortefeux himself.
"Do you see why it’s amazing,
When someone comes out of such a dire situation
And learns the English language,
Just to share his observation!
Probably get a Grammy without a grammar education.
So fuck you school and fuck you immigration!"
Le deuxième point que je souhaitais soulever est le suivant: l’album de K’naan est davantage un album de pop fortement inspiré du hip hop qu’un album de hip hop (à proprement parler). Les chansons s’enchaînent agréablement. La musique est intéressante (mention particulière au trombone sur le morceau Fatima) et offre plusieurs niveaux d’écoutes. La voix de K’naan n’est pas particulièrement agréable mais elle s’insère parfaitement à l’ensemble. Ainsi l’interprétation maladroite de Fire In Freetown est audible après plusieurs écoutes.
Bref, malgré tous mes efforts pour détester cet album, je me suis quand même surpris à l’apprécier pour ce qu’il est. Un album easylistening au sens positif du terme. "Troubadour" est sans prétention et ne révolutionnera rien du tout mais il permet de découvrir un artiste sincère dont j’apprécie la simplicité. Un album qui mérite une meilleure exposition dans nos contrées.
Peut-être lors d'une victoire d’une équipe africaine au Mondial ?