lundi 5 août 2013

Félix Le H : L'embarras du chat





Ça fait un bail qu'j'voulais t'écrire 
mais j'me suis dégonflé, 
encore un soir où mon envie 
a vite été comblée



Des paroles comme un échos.
Pour le MC amateur, ces paroles sonnent comme une situation trop bien connu. Un match perdu d'avance contre le quotidien. Même si ce n'est pas vraiment le but recherché, ces paroles m'ont frappé. Tabassé même.

Pourtant on est très loin de la punchline ici. La punchline n'est rien d'autre que le blockbuster de la rime. Spectaculaire et efficace, elle a juste besoin d'être entendu pour toucher l'auditeur. Seulement, si le rap n'était constitué que de punchline, on se ferait clairement chier et le rap serait alors plus que limité. Il nous faut " autre chose" et ce ce que nous propose un Felix le H.




Felix le H, je connaissais pas et je cherche pas à approfondir plus que ça. Il me suffit d'écouter l'EP pour comprendre que ce type a du talent. Sans être spectaculaire, ces paroles nonchalamment distillées font mouche. Tout simplement parce qu'elle touche à notre quotidien avec un style qui manque au rap français.

J'n'ai pas b'soin d'puiser mes mots dans un flacon d'romance, 
dehors, je sors et l'évasion r'commence



Gros plus aussi, la présence d'Hippocampe Fou qui est probablement un des MC les plus intéressant actuellement


Je pourrais continuer à argumenter (blablater ?) et vous dire que  les instrumentales sont également un vrai kif à écouter, que c'est gratuit, indépendant et français. Je pourrais mais rien ne vaut une écoute pour se faire un avis.
Et le mec mérite clairement d'être supporté.


Ca se passe là : http://felixleh.bandcamp.com/album/lembarras-du-chat


Zay

mercredi 17 juillet 2013

Mozart sister's : Hello Ep



Mozart Sister's, c'est paradoxalement l'histoire d'une fille unique tout droit sortie de Montréal. Une ville qui comme tout bon lecteur de Pitchfork sait, est une des place fortes de la nouvelle vague électro/synth/bordel pop. Dans un monde où les mots auraient encore un sens, c'est à dire un  monde où un président "socialiste" ne serait pas effrayé par le mot "nationalisation", les termes Pitchfork et electro-pop auraient suffit à me faire fuir.

Et pourtant, après plusieurs écoutes, j'ai définitivement adopté Mlle Thompson Hannant (son véritable nom). Je vous l'accorde, le nom de Mozart Sister's est plus "bankable". Au passage qui a dit que le marketing en musique, c'est le mal ?

Si le véritable coup de génie tient dans le nom choisi par l'artiste,il ne doit pas pour autant masquer les qualités de cet EP.  Cet Hello Ep est pas trop mal foutu dans un genre qui a pourtant facilement tendance à sombrer dans le sirupeux. Un piège qu'évite assez habilement le morceau éponyme, porté par la voix de Thompson Hannant et ces claviers impeccables.






Avec le titre suivant " Don't leave it to me ", on est encore un cran au dessus avec un son un peu plus funky qui n'est pas pour déplaire en ce début d'été. Bref, cet EP est hautement recommandable et en plus il est disponible sur Spotify. Que demande la populace ?

jeudi 8 novembre 2012

Pablo Andres, ou la lumière venant du plat pays

Pablo Andres est Belge, rien de bien original conviendrons-nous. Mais quand un Belge, qui porte un nom qui fleure bon l’Amérique Latine, sort un album de hip-hop, cela attire inévitablement l’attention de Bordel Inc. Je me confesse, l’association hip hop et Belgique ne parait pas une évidence en soi dans un pays qui est davantage mis en avant pour sa scène rock. Pourtant, le hip-hop belge a déjà accouché de nombreux talents (comme Starflam ou Baloji) qui n’ont rien à envier aux talents bien de chez nous.
Pablo Andres, puisque c’est de lui dont il s’agit, nous propose un hip-hop sortant des sentiers battus en fondant sa musique dans de multiples courants. Bref, un projet hip-hop avec de vrais musiciens, sans aucuns samples ajoutés. Dès la première écoute, il est presque impossible de ne pas faire le rapprochement avec un groupe come Hocus Pocus ou les derniers albums d'Oxmo Puccino. On y retrouve cette même légèreté dans les rimes pour traiter de sujets graves comme l’injustice sociale, mais également de relations amoureuses (Dis Moi Te Quiero) ou encore de la nostalgie de l’adolescence (La Belle époque).

La musique de Pablo Andres se veut avant tout positive, relayant des messages qui se rapprochent davantage des envolées textuelles d'un groupe comme A Tribe Called Quest. Un album apolitique donc, mais tout de même engagé humainement, où on sent que les racines mexicaines du bonhomme occupent une influence non négligeable dans sa musique. Coté production, l'album très joliment produit. On ne peut que se délecter de cette rencontre entre le hip-hop et le jazz, sous le regard bienveillant de la musique africaine voir sud-américaines comme la bossa nova sur le très joli Agachensen. Un vrai métissage des genres, en somme.



On sent qu'un soin particuliers a été amené afin d'épuré au maximum les compositions. Un jazz simplifié certes, mais tout de même riche et propre, qui correspond au parfaitement à l'atmosphère mid tempo de cette galette et au flow posé de notre homme. Alors oui il n’y a aucun gros hits à ce même sous la dent. Rien qui puisse enflammer l’auditeur non-averti à la recherche de beats à cent à l’heure sur l’autoroute de l’immédiateté. La qualité prime sur l’immédiateté. Alors certes plusieurs écoutes sont nécessaires pour rentrer complètement dans cet album qui se veut résolument à contre-courant du hip hop francophone actuel. Mais quitte à sacrifier quelques euros (ou un peu d'espace sur son disque dur), autant le faire sur un album qui a de l'allure et du style.

BB

mercredi 17 octobre 2012

Jazz Against The Machine : Black Bossa EP




Le renouvellement d'un genre aussi poussiéreux que le Jazz est un processus laborieux. Déchirée entre l'attachement à une tradition dont personne ne connaît vraiment la définition ( Be-Bop, Cool, New-Orleans ?) et une étiquette de musique savante, le Jazz ne parvient que trop rarement à se défaire de ce pénible carcan. Il y'a bien Norah Jones me rétorquera t-on d'un air satisfait ...

Trop peu pour rendre véritablement accessible une musique presque centenaire. La question reste donc toujours la même pour cette nouvelle génération de musicien de Jazz qui se bat pour gagner en visibilité. Rester dans la droite ligne des monstres sacrés d'antan ou tenter d'évoluer avec leur temps. Drôle d'exercice de funambule auquel s'ont obligé de s'adonner les grands noms du Jazz actuel.
On ne présente plus les Roy Hargrove et autre Robert Glaspert qui ont vu dans les musiques actuelles et notamment le Hip Hop une possibilité  d'exercer leur talent tout en démocratisant un peu plus la cause du Jazz. Avec un succès tout relatif...

En effet, la "démocratisation artistique" (terme casse gueule) est un art périlleux dans lequel personne ne sort vraiment indemne. Si Robert Glaspert est actuellement élevé au rang de star montante du Jazz, un artiste comme Kenny G est littéralement descendu en flamme par la communauté Jazz notamment par ces critiques. Jazz Against The Machine pourrait pourtant faire l'unanimité.

Comme de multiples projet actuel visant à vendre la Jazzophilie, JATM tente d'accrocher un public étranger au Jazz en s'emparant de références différentes... A l'instar d'un Badbadnotgood qui reprenait intelligemment un Kayne West, JATM se lance lui aussi à la poursuite de la coolitude. Cela se ressent au niveaux des reprises en commençant par les plus célèbres d'entre eux Radiohead et Rage Against The Machine (cela ne s'invente pas).

Si cela fonctionne, c'est tout d'abord parce que ces groupes sont relativement jeunes. Ces musiciens ont naturellement été bercé dans le grand fatras des musiques urbaines. C'est pourquoi la critique les regarde avec une certaine complaisance. Ces jeunes artistes bénéficient également de leur volonté de désacraliser le Jazz. Le fait de le mêler à une autre musique lui fait perdre un peu de sa pureté et de sa superbe mais on pardonne tout à des jeunes cons ambitieux... Plus qu'a des vieux cons prétentieux apparamment



In fine, on est tenté de dire que cela fonctionne. L'EP sorti par le groupe est une excellente introduction à un Jazz léger qui n'entre pas dans l'étiquette un peu fourre-tout du " Nu- Jazz".  De l'introduction proche des standards d'un Hip Hop jazz portée par les scratchs d'un DJ Mahmut au sommet de son turntablism à la reprise de Radiohead qui se rapproche davantage d'un be-bop audacieux, cette album tient donc toutes ces promesses. Et par les temps qui courent, c'est plus qu'appréciable.


Ann-Sé

mercredi 27 juin 2012

Hip Hop contestataire : Pour que mon ami cesse de dire des bétises


Petite article rapide mais pourtant très instructif de ce qu’est le Hip Hop. Contrairement à notre ami qui dit écouter les textes, je DEMONTRE par A+B que le hip hop n’est pas une musique contestataire.Voilà la définition que donne le Larousse du mot contestataire :

« Action de remettre en cause l'ordre social, politique, économique établi et de critiquer systématiquement les institutions existantes et l'idéologie dominante. “


Répondre à la question qui nous oppose revient donc à déterminer si le Hip Hop a été/ est toujours une contre-culture qui va à l’encontre de cette ordre social et culturel dominant. Ma réponse est que le Hip Hop n’est pas une contre-culture et ne l’a jamais été sauf pendant un très court momentum que je délimiterai.

Le Hip Hop, pour le meilleur et pour le pire, est une musique universelle. Partout sur le globe, le Hip Hop a crée des valeurs communes, un style vestimentaire et des références communes pour plusieurs générations. Cela n’a pas débouche sur une veritable communeauté Hip Hop mais ces codes communs existent malgré tout et ont crée des liens plus ou mois fort.

Cependant, le Hip Hop a aussi exporté une mentalité proprement capitaliste dans sa façon d’aborder les choses. Etre le meilleur, gagner de l’argent, écraser quiquonque se dresse sur son chemin sont des principes individualistes et totalement capitalistes. Exhiber des caisses, des femmes à poils comme le font bon nombre de Mc’s mainstream sont révélateur d’un capitalisme debride.
En cela, le hip hop a été la meilleure vitrine d’un monde occidental opulent et impose cette vision du monde. Loin de la combattre, elle l’exporte dans le monde entier. Le hip hop est ainsi l’illustration parfaite de la théorie de Gramsi sur l’hégémonie culturelle

Un article qui aborde le lien Hip Hop & capitalisme avec un début de chronologie: http://www.prospectmagazine.co.uk/magazine/hip-hop-bling-capitalism-business/

Alors pourquoi on s’entête à présenter le hip hop comme une musique contestaire ?

- C’est une question de contrôle par le système tout d’abord.  Je te renvois là encoreau travaux de Gramsci sur la question.


Gramsci affirme que, sous le capitalisme moderne, la bourgeoisie peut maintenir son contrôle économique en laissant la société politique accorder un certain nombre de revendications aux syndicats et aux partis politiques de masse » cf Wiki de Gramsci


Une fois que tu t’insères dans le système, tu ne peux prétendre le contester. Tu en fais partie. On ne fait pas une révolution de l’interieur. C’est ce qui est arrive au Hip Hop (surtout au rap en fait) à la fin des années 80. Jay-Z, la superstar du rap actuel éprouve lui même le besoin de ce justifier sur cet état de fait complètement contradictoire du rappeur multimillionnaire. 

Music business hate me cause the industry ain't make me
Hustlers and boosters embrace me and the music I be makin
I dumbed down for my audience to double my dollars
They criticized me for it yet they all yell "HOLLA!"
If skills sold, truth be told, I'd probably be
lyrically, Talib Kweli
Truthfully I wanna rhyme like Common Sense
But I did five mill' - I ain't been rhymin like Common since
When your cents got that much in common
And you been hustlin since, your inception
Fuck perception go with what makes sense
Since I know what I'm up against
We as rappers must decide what's most impor-tant
And I can't help the poor if I'm one of them
So I got rich and gave back, to me that's the win/win
So next time you see the homey and his rims spin
Just know my mind is workin just like them...
... rims, that is

Moment of Clarity, The Black Album




L’autre point essentiel, c’est que les gens qui parlent de cette musique comme contestataire ne font absolument pas parti de ce mouvement. Pour ceux qui le suivent, de près ou de loin, le hip hop est mort. On entend par là dans sa forme originelle, période début 90 qui est l’age d’or du rap. L’époque où tout semblait encore possible pour un style qui arrivait à maturité. Ceux qui parle du rap comme d’une poésie urbaine, d’une énergie revendicatrice et je ne sais quel autre adjectif pompeux sont déconnectés. Je pense ici au politique qui a besoin de flatter un électorat fragile


Pour d’autres,  c’est beaucoup moins évident. Le rap est contestataire parce qu’ils voudraient qu’il en soit ainsi. C’est une lubie de bobo qui veut voir «  le peuple noir se lever et renverser le système »… Presque une caricature. Alors certes cela vient d’un bon sentiment (et d’un brin de romantisme) de la part de gens relativement instruit mais c’est aussi la preuve d’une certaine condescendance.
Parce que ces gens sont pauvres, peu instruits et littéralement acculés par le système, on n’attend d’eux une colère sourde, violente désorganisée… là ou la vrai contestation supposerait de l’organisation, un but commun. C’est là encore une énième domination pour ces gens d’être ainsi méprisée de la sorte.
  


On était bien loin de tout ça quand tout à commencer. Dans les années 60, le rap n’était encore que de la poésie extrêmement corrosive portée par des mecs comme Amari Bakara ou Gil Scott Heron. Ces gens ont vécu la ségrégation et avaient une “conscience noire” qui aboutissait à de véritables appels à la contestation comme ça …




Fin 70, le hip hop a émerge comme une musique à part entière mais le mot d’ordre c’est Peace, Unity and Havin’ fun. Premier single de rap ever, Rapper’s Delight symbolise bien l’époque. On trouve aussi des morceaux comme ça : 


 Le texte qui va tout changer, c’est The Message de Grand Master Flash. L’historique du morceau en question ici : http://lhistgeobox.blogspot.fr/2008/09/94-grandmaster-flash-furious-five.html

Pendant près de 10 ans, le rap va se constituer une vraie conscience politique. Ce sera l’âge béni du rap ou vont se méler innovation musicale et revendication social avec des groupes comme Public Enemy ou les Natives Tongues . Ces groupes vont réveiller la conscience noire et redonner de la fierté et un début d’organisation à un peuple noir qui en manque cruellement. Le classique I Used To Love Her raconte bien toute l’histoire


Tout cela partira en fumée avec l’émergence d’un gangsta rap plus vendeur (déterminé par les Majors pour des raisons que j’ai énoncé plus haut) et qui servira désormais de standard à la musique Hip Hop.
Parce que de tout temps, le rap et ces acteurs ont eu conscience de s’être fait dépossédé de leur art. Une chanson qui récapitule bien le sentiment globale des acteurs de ce mouvement


Alors l’idée n’est pas de dire que le rap n’est absolument pas contestaire. Seulement cette frange du rap est très minoritaire et connu de quelques initiées.
Des mecs comme Dead Prez sont quasiment des Néo- Anarchistes. Il faut écouter Let’s get free or die tryin’ pour comprendre cela.


Des types comme Immortal Techniques et Lowkey en plus d’être de très bon rappeurs sont de vrais activistes. On peut être d’accord ou pas


Idem pour Invicible, une des meilleurs female Mc’s qui soit à mes oreilles :




Zayyad



mercredi 6 juin 2012

Hoosky : Quand le beat tape




Hoosky, le duo de producteurs échappés de la Fine équipe pour le projet de Just a Lil' Beat se sont prêtés au petit jeu de l'interview. Un album instrumental de haute volée dont vous trouverez la chronique chez les Zindés. Un grand merci à Oog et Chomsk' pour leurs disponibilités et à David pour avoir rendu l'interview possible.


Zayyad : Est ce que vous pouvez-vous présentez rapidement pour le peu de personnes qui ne vous connaitrait pas encore ? Comment vous êtes vous rencontrés ? 

 Chomsk' : Nous sommes deux beatmakers ,oOgo viens de Marseille et moi de Paris . On s'est rencontrer en 2006 au sein de La Fine Equipe collectif de Dj/beatmakers a l origine des albums La Boulangerie et Fantastic Planet . Nos affinités musicales nous ont poussés a créer notre propre label Nowadays Records et le duo Hoosky

Zayyad :  Question un peu stupide mais est ce que le nom de Chomsky a été choisi en référence à Noam Chomsky ?

 Chomsk' : Non, pas vraiment c'est juste un surnom que j'ai depuis tout petit.

Zayyad :  La Fine équipe a quand même gagné en notoriété. Qu'est ce que tous cela vous apporté au niveau personnel. On progresse forcément quand on est dans une escouade de producteurs aussi talentueux ? 

oOgo : La Fine equipe est notre premier groupe qui nous a permis de rencontrer un bon nombre d'artistes notamment avec les albums "La Boulangerie" et "Fantastic Planet" . Mais aussi de parcourir la France pour partager notre musique en live avec les gens .

Zayyad :  Un truc qui frappe quand on écoute l'album, c'est qu'on a pas du tout l'impression que cet album a été réalisé à 4 mains. Bosser à quatre mains sur un album instrumental, c'est pas un peu compliqué ? Le travaille se repartit comment dans ce cas là ?

 Chomsk' : Ce n'est pas une histoire de mains mais plutôt d'affinités et d'influences pour moi la collaboration n'est pas que technique mais dans le fait de travailler, converser tout les jours sur des sujets aussi différents que la musique, la bouffe, le cinéma et les nuques longues

 oOgo : On est tout les deux multi taches chacun apporte son propre style . Il y a une interaction permanente lors de la création .

 Zayyad : C'est quoi la méthode de production de Hoosky ? On est plus sur du sample ou y'a beaucoup de composition avec des instruments joués ? Vous bossez sur quel matos ? 

 Oogo : Il n y a pas de méthode particulière. Ca peut partir d'une rythmique, un sample ou une melodie . 

Chomsk' : Just A Lil Beat est différent des albums La boulangerie ou le concept voulait de jouer sur des boucles et samples plus ou moins évidents, cet album est plus personnel et plus produit . Le matos est assez varié, on utilise de tout : des vieilles machines comme des plus récentes mais aussi des instruments classiques guitare , basse ,batterie, pipeau etc..

Zayyad :  Finalement comment vous définiriez le son de cet album ? Davantage Hip Hop ? Davantage Eléctro ? Un mélange des deux ? 

 oOgo : Pour moi, en tant que beatmaker le hip hop c'est de la musique électronique maintenant sur cet album on se détache un peu du hip hop et de ses codes.
 Chomsk' : YO !

 Zayyad : Le Hip Hop instrumental est encore relativement marginal en France au contraire des Etat-Unis ou les sorties d'un Madlib pour ne citer que lui sont de vrais événements et justement on espère que la série Just a lil' beat changera un peu tout ça mais c'est quoi votre état d'esprit par rapport à tout ça ?

 Chomsk' : Nous on aimerait vraiment enterrer ce mouvement une bonne fois pour toute. le hip hop n'est pas mort mais on fait tout pour ( rire)
 oOgo : Comme toi on espère aussi que nos projets contribuent à faire connaitre cette musique auprès d'un plus large publique tout en sachant que la France reste un pays de chansonniers où le texte garde une place primordiale. Apres, notre musique n'a heureusement pas de frontière et n'est pas destinée qu'aux français .

Zayyad : Les beats sont en général assez court. C'est un format obligé pour ce genre d'album ? Et de manière plus général, quelles sont les écueils à éviter quand on produit un album instrumental ?

 Chomsk' : Il est vrai qu'en général ce genre d'albums appelés aussi Beat tape ont un format particulier puisque assez ruff et condensé . Par exemple notre premier album : La Boulangerie comporte 37 sons et 11 beatmakers . On ne peut donc évidemment pas les faire trainer
 oOgo : Ca vient aussi de la culture du Djing Hip Hop ou l'on enchaine les breaks assez rapidement . Chomsk' : En revanche sur Just A Lil Beat Vol 1 et malgré son nom nous avons voulu transcender le genre et apporter quelque chose de neuf à cet exercice







Zayyad : On parlait récemment avec DJ Oil, ancien membre de Troublemakers qui nous disait que pour lui le terme Hip Hop français n'avait pas de sens La langue notamment ne swinguerai pas assez. C'est vrai qu'on entend beaucoup dire ça parmi les auditeurs de rap. Vote avis de producteur là dessus ? 

 oOgo : Que la langue swingue ou pas il y a bien un hip hop français , c'est pas seulement du rap mais une culture, même si personnellement j'en écoute que très rarement . Principalement parce que je suis plus attaché à la musique qu'aux textes et qu'encore une fois la France attache beaucoup plus d'importance aux textes, et donc parfois les prods en prennent un coup .
 Chomsk' : c'est vrai que la langue française ne s' y prête pas toujours , pas que dans le rap d'ailleurs , mais il y a certains rappeurs français qui à mon sens utilise plutôt bien cet art comme : Dal-Gren qui utilise sa voix plus comme un instrument et non pour diffuser un message précis . Pour les textes j'aime beaucoup Booba et Stupeflip. A prendre au premier degré.

Zayyad : On évoquait aussi avec OIl, le manque de culture supposé des producteurs français et surtout des musiciens de studios sur les albums Hip Hop qui sont généralement imposés par les majors. Pour vous, c'est une vérité ou c'est juste un gros contre sens répandu dans le public?

 oOgo : Il y a des chances que ce soit vrai , quand on est né Bouvigny sur Marne on n'a pas forcément la culture black américaine innée .
 Chomsk' : c'est qui ce Oil ? (rire)

 Zayyad : D'ailleurs ça se passe comment au niveau du sampling ? Vous avez des restrictions dans le sens où parfois vous vous dîtes j'aimerais sampler tel ou tel truc et c'est pas possible pour des raisons de clearing ?  

Chomsk' : Aucune restriction au moment de la création , c'est l'utilisation qui sera différente.
 oOgo : on va pas utiliser un sample des Beatles sur un album mais on hésitera pas à faire une edit pour le live .

Zayyad : Quelles sont les principales références de sampling dans l'album   

Chomsk : On a pioché autant dans le musique early electronic des années 60 que dans le rare groove , la librairie ou encore le funk exotica

Zayyad: Vos morceaux préférés de l'album ? 
 oOgo : Rush Hour, Catwalk et Lonely Wolf
 Chomsk' : Rush Hour, Crushed & Sweat & Sweety , même si demain je peux t'en citer trois autres .

 Zayyad : Vos derniers albums écoutés ?
 Suff Daddy : Suff Sells
 Débruit : From The Horizon
 Altair Nouveau : Space Fortress
 Mr.Oizo : Stade 3
 SchoolBoy Q : Habits & Contradictions

Le snippet de l'album est disponible ici
Textes : Zayyad " Yellow Monk' " Moh'

jeudi 6 octobre 2011

Heureux qui comme les Kids



Il existe des groupes dont on suit la trajectoire avec un intérêt certain.
Des groupes dont on pense parfois pouvoir prédire l'avenir avec certitude et c'est dans l'espoir de voir nos prédictions se réaliser que l'on scrute pas à pas leurs carrières. C'est dans cet état d'esprit que j'observe avec attention la progression de The Cool Kids.

Depuis 2008, le cheminement du duo formé par Sir Michael Rock et Chuck Inglish est plus que singulier. En 2008, portés par le succès de leur mixtape The Bake Sale EP, les Kids deviennent le nouveau phénomène hype sans que l'on comprenne vraiment pourquoi.

A cet instant un petit flashback est nécessaire.
Je parle d'une époque pourtant pas si lointaine où Facebook était l'apanage d'un nombre restreint de geek et commençait juste à percer les milieux étudiants français. Je parle d'une époque où le rap mainstream était plus que moribond et peinait réellement à se renouveller, même aux yeux des auditeurs les moins avertis. C'était avant l'explosion d'un certain Lil Wayne et d'un type de son bien déterminé ( Le grand Minaj de Printemps).

C'est dans ce contexte que le nom des Kids va frapper le grand public. Une démarche sonore résolument passéiste (Eric B & Rakim, les Beasties comme principales inspirations), des tenues fluos kids fashionita-swagg et l'attrait de la nouveauté ont suffit pour que le groupe s'impose comme la nouvelle coqueluche Hip Hop outre Atlantique. Voici ce qu'en disait HipHopdx à l'époque par exemple


L'effet boule de neige ne se fait pas attendre et les Kids gagnent une aura internationale.
Pour l'anecdote, j'ai souvenir de les avoir vu en première partie d'un concert où seulement la moitié de la salle connaissait les Kids et au sein de cette moitié, seulement 1/4 avaient réellement entendu un titre dudit groupe. Pas surprenant quand on sait qu'ils n'avaient alors aucun album à leur actif.

On attendait donc la suite avec impatience. Mais rien ne vint...
Il y eut bien ces sorties de mixtapes annuelles entre 2008 et 2010 mais point d'album à l'horizon. La hype retomba, les Kids repassèrent au second plan.
Cette période de vache maigre s'explique en grande partie par des embrouilles de labels mais aussi par une envie de progresser du côté des deux bonhommes.
Résultat, When Fish Rides Bycicles ne voit le jour qu'en 2011, soit 3 ans après l'émergence du groupe. D'aucun diront que cette trop longue attente les condamne d'entrée de jeu.

Autant casser le suspense après une si longue introduction, When Fish Ride Bycicles (WFRB) est à mes yeux le meilleur album de sa catégorie qu'il m'ait été donné d'écouter cette année.
La plupart des gens qui suivent The Cool Kids l'auront constaté, il y a une indéniable sensation de progression dans le son des deux larrons.
La formule a été longuement policé pour arriver à cet équilibre entre son passéiste et sonorité mainstream actuel. Cette évolution est flagrante quand on compare 88', le morceau emblématique des Kids période 2008 et Bundle Up, le premier single de WFRB






On a le sentiment d'une production moins brute. Les arrengements sont effectivement plus subtils et les mélodies gagnent en variation tout au long de l'album comme sur ce Gas Station avec le toujours impeccable Bun B des UGK.
Si l'album a gagné en profondeur au niveau de la production, il n'en perd pas sa principale force : Les Beats.
En bons amateurs de la période pré Golden Age, les Kids ont été marqué à vie par les beats bien "gras". Kick, Snare et autres grosses caisses marquent l'album de leurs empreintes et lui donnent un entrain certain.
Personnellement, j'ai un gros faible pour ce Rush Hour Traffic et ces variations au niveau du beat qui viennent se fracasser dans l'oreille de l'auditeur par vagues succesives. Délectable.


Si la production est le point fort des Kids, le niveau du emceing reste leur grande faiblesse. Ne cherchez pas une analyse de la crise ou ne serait-ce qu'une esquisse de contestation dans les lyrics. Les thèmes abordés sont clairement puérils et destinés à provoquer l'amusement comme le montre les lyrics de Bundle Up.

Who told you that you can sit with the kids
Computer wiz niggas still can't figure it out thoug
Got indo got out door, with cleaner clothes, (?)
Nissan Patrol with the Bose stereo
I dug hoes trying to grow my seeds
I got plug like the back of the screen man!
You got designs on the back of your jeans
They steam and I’m cold as a lean cuisine
Come and fresh out the freezer, I’m clean with the Caesar
The only third grader in the school with a beeper
Clipped to them seams, front pocket of them Wranglers
My teacher took it from me, its funny how she snatched it
Sleepers can’t sleep if it’s money in the mattress
A lot of niggas still running from their taxes and bills
We will recognize each other, man! Damn!
Damnn, Goin' Ham, Got it Hotter than the Mother Land


Cette ambition d'entertainment est louable quand elle est pleinement assumée. C'est le cas ici mais on sent une vrai différence de niveau lorsque les Kids font équipe avec des pointures comme Ghostface Killah ou Bun B. Mais cela n'a finalement que peu d'importance. Cet album remplit pleinement son objectif d'amusement tout en apportant un son relativement construit. D'où ma déception de ne pas le voir figurer dans les charts et toucher un plus large public.
La hype est passée pour les Kids et ils semblent devoir rejoindre la catégorie un peu étrange des groupes mainstream sous côtés. Finalement ce n'est peut être pas un mal.

Ann-Sé

mardi 17 mai 2011

Du Hip Hop et de sa récupération

Je n'ai jamais été fan de la télé et encore moins publivore, pourtant ces derniers temps, les publicités ont le don de m'énerver. C'est le cas de cette pub' en particulier.



Je n'ai absolument rien contre la marque Lacoste. J'en ai même vraiment rien à foutre seulement cette publicité me semble emblématique d'une pratique qui tend à se banaliser,qui m'agace au plus haut point et qu'on pourrait qualifier de " vague vintage".

Ici, la publicité utilise un classique Hip Hop de 1988, The Message de Grand Master Flash and The Furious Five. L'intro de cette chanson qui est un gimmick en soi rappelle presque inconsciement le mouvement Hip Hop même à ceux qui ne le connaissent pas. Pour le publicitaire, c'est forcément une bonne pioche.
L'objectif pour le groupe Lacoste est de rajeunir son image viellissante. Il faut faire comprendre que Lacoste n'est pas uniquement une marque que l'on voit dans les través de Roland Garos et portée par Henri Leconte. Il faut faire "décontracté " soit une autre manière de dire jeune. Toutefois, il ne faut pas perdre la "pureté" Lacoste, c'est à dire la notion de prestige. Souvenez vous de la mode du survet' Lacoste qu'arborait fièrement toute personne un peu "fresh" dans le quartier à l'époque. Un véritable cauchemar en terme d'image pour une marque comme Lacoste.
Non ici, le but est clairement de toucher le jeune bobo qui comprend par l'héritage culturel cher à Bourdieu, toute la symbolique de la marque. Raison pour laquelle, on part du polo pour en arriver au parfum. La marque a une histoire et elle entend bien le faire savoir.

Le raisonnement peut paraître étriqué et réducteur mais là encore je m'en fous un peu car là n'est pas mon propos finalement. [1]
Je ne découvre pas le marketing aujourd'hui et sais pertinemment que la valeur ajoutée d'un produit se joue sur les services annexes comme le marketing. De plus avec ma maigre expérience, je ne suis pas en position de contester la pertinance de tel ou tel positionnement. Non, ce qui m'emmerde c'est la musique choisie. " The Message".



Cette musique est un classique, un vrai. Elle marque un tournant significatif de l'histoire du Hip Hop car pour la première fois, celui-ci va faire une incursion dans le domaine social. Lui qui se veut une musique dans l'esprit " Peace, Unity and Havin' fun " va tourner le dos à cette image juvénile pour s'occuper un peu de ce qui se passe dans la rue. Et à l'époque, la crise frappant durement les quartiers noirs des Etats-Unis, les paroles font sensations.

Broken glass everywhere
People pissing on the stairs, you know they just don?t care
I can't take the smell, I can't take the noise no more
Got no money to move out, I guess I got no choice
Rats in the front room, roaches in the back
Junkie's in the alley with a baseball bat
I tried to get away, but I couldn't get far
'Cause a man with a tow-truck repossessed my car



Alors comment cette chanson si représentative peut attérir en fond sonore d'une telle publicité ? Comment une oeuvre décrivant la souffrance de toute une communauté peut-elle être reliée à un parfum aussi bon soit-il?
Grand Master Flash n'étant pas mort, il a forcement du avoir son mot à dire et valider le processus. A moins que le label/major est décidé seul de cette manoeuvre. N'étant pas dans le secret des dieux, je ne peux pas répondre mais ce procédé me répugne. Parce qu'il méprise le "message" que véhicule cette chanson et que l'on est ici dans la culture de l'approximation et de la récupération. Approximation parce que l'on ne se soucie que de la musique sans tenir compte des paroles ( tragiquement absente) et que le spectateur s'identifie facilement, presque docilement sans chercher à comprendre. La musique sonne "moderne", Flash étant un des premier à s'interesser à l'électro dans ces compositions. Il n'en faut pas plus pour que le spectateur accroche.
D'ailleurs, cette technique a déja fait ces preuves avec d'autres marques qui ont désormais décidé de capitaliser dessus. Je pense bien sur à Evian et Citroen qui dans deux genres différents tentent de vampiriser l'image d'un genre ou d'un artiste. C'est encore plus flagrant avec la pub Citroen ci dessous.



Sans être un grand spécialiste de Lennon, je ne suis pas certain que celui-ci goute à la manip' commerciale. De tout temps, les artistes ont du faire face à ces tentatives de récupération commercial et politique. On peut citer Jim Morrison qui refusa de voir une de ces compositions dans une publicité au risque de créer des tensions au sein des Doors.
Plus proche de nous,on peut également citer Daniel Balavoine et ces rapports plutôt conflictuels avec François Mitterand accusé de vouloir récupérer l'icone de la jeunesse qu'était alors Balavoine.[2]
Pratique toujours en cours puisqu'il y a peu, c'est Yann Barthès et le petit journal qui prennaient Martine Aubry en flgrant délit de récupération du Hip Hop français.



En lieu et place de cette tentative un peu niaise de faire "jeune", j'aurai aimé que Martine Aubry nous explique quelle place elle compte donner à la culture dans le projet socialiste. Reviendra t-elle par exemple sur la loi Hadopi si elle accède au pouvoir ?
Bref ,tout ceci montre malheuresement que le Hip Hop, cette culture que j'aime par dessus tout n'a absolument plus rien à voir avec une contre-culture. Soutenir le contraire aujourd'hui est ridicule. On a beau le savoir et être pret à l'accepter," quand on voit ce qu'on voit et qu'on entend ce qu'on entend " et ben parfois ça fait un peu mal...

Zayyad

[1] La synchro est un vrai métier et pour avoir une idée de l'envers du décor,cet article est vraiment très intéressant. Et contredit certaines théories échafaudées à la va-vite plus haut.

[2] C'est suite à ce débat que Balavoine a "gagné" le statut de défenseur de la jeunesse et c'est probablement au cours de ce même débat que Mitterand a du décider de "récupérer" le chanteur.

mardi 19 avril 2011

Le grand Minaj de printemps





"I represent an entire generation"
Voilà ce que clame Nicki Minaj dans Right Thru Me extrait de son album Pink Friday. Des propos plutôt justes qui illustrent le destin de cette véritable comète parmi la constellation de stars que compte le rap game.
Pink Friday étant sorti depuis plusieurs mois maintenant, focus à froid sur cet album qui a finalement bien plus à dire qu'il n'y parait.

Tout d'abord, ce qui retient l'attention des auditeurs à l'écoute de Nicki Minaj, c'est son flow. Capable d'adopter un débit supersonique ou de chantonner à l'envie, Nicki sort du type de flow monorhytmique habituellement proposé par les female Mc's mainstream.
Ce qui est toujours impressionant à entendre pour l'auditeur néophyte.
On peut d'ailleurs remarquer que c'est une tendance marquée chez toute une catégorie de " newcomers " dont Drake est le chef de file.






Cependant, la technique du rappeur ne se résume pas uniquement à une histoire de débit. Les silences, choix de respiration, tonalité de la voix rentrent également en ligne de compte. Mais même dans ces domaines, Nicki Minaj s'en tire géneralement plutôt bien.
Difficile de lui contester sa réputation sur ce point même si les termes de "tueuse" que j'ai souvent lu ou entendu paraissent un tantinet excessif.


Néanmoins on ne construit pas un album avec un flow. A moins de s'appeller Snoop Dogg, il en faut généralement un peu plus pour en assurer la réussite.
Pourtant comme l'indiquait Minaj, ce Pink Friday est représentatif du Hip Hop de ce début de décennie.
C'est à dire un hip hop porté par un(e) emcee de talent mais souffrant d'un manque d'ambition au niveau des beats. Le son Hip Hop connait une énième mutation portée par tout une flopée de nouveaux beatmakers.
On aime ou on déteste mais l'avenir appartient à Bangladesh, T-Minus et autre Drew Money. Tous ces producteurs sont présent sur l'album de Minaj au milieu de valeurs "sures" comme Will I Am ou Swizz Beatz et ce n'est pas un hasard.

Ils sont les créateurs de ce son "light" qui use autant du sample que de composant électronique.
Mais surtout comme l'indique Bangladesh, compositeur du " Mili" de Lil Wayne et l'un des artistes les plus en vue de cette nouvelle vague, la force de ce nouveau son hip hop réside dans son minimalisme.

Tout repose sur le son, la séquence. Peu importe le nombre d'éléments qui composent l'instru, tout dépend de la façon dont tu utilises les éléments que tu as à disposition [1]

Illustration avec Drew Money et le beat de Right Thru Me crée autour d'un riff de Joe Satriani. Le riff est ici rejoué avec un accent électro et un fort travail au niveau des filtres sur les voix. Le tout accompagné d'un pattern drum tout en légereté.






Certains diront que cela manque furieusement de groove.
En effet, cette musique n'est plus Hip hop mais le Hip hop est une influence parmis d'autre. Elle colle parfaitement à cette géneration I-pod qui a l'habitude de passer d'un style à l'autre en tournant une molette. Certains refusent cette vision du Hip Hop. C'est le cas de la mouvance Hipster qui se veut " traditionaliste " et opposé à ce courant beaucoup trop mainstream à leur gout. [2]

Cette accusation est peut être fondée mais il est difficile de nier que les sons et celui-ci en particulier sont bien "produits" et peuvent être de vrais réussites.
Tout est finalement une affaire de goût et c'est ici qu'intervient le conflit générationel inhérent au Hip Hop. Aujourd'hui, le Hip-Hop est une musique qui a 40 ans et qui contient en son sein deux ou trois générations d'auditeurs et une dizaine de styles différents. Autant dire que le consensus est pratiquement impossible.





Il est d'ailleurs amusant de voir que le fameux c'était mieux avant ne s'applique pas ici. Une Emcee comme Minaj est bien meilleure techniquement qu'une Lil Kim ou une Foxy Brown. On ira même jusqu'à dire qu'une Minaj moyenne est meilleure qu'une Eve au sommet de sa forme. Ce qui n'est pas sans provoquer quelques tensions comme en témoigne le "beef" entre Lil Kim et Minaj.
Ce beef éclate au grand jour dans un des couplets de Roman's Revenge qui s'adresse probablement à Queen Bee.

I-i-i-i-i-i-i-i-is this the thanks that I get for puttin you bitches on?
Is it my fault that all of you bitches gone?
Should've sent a Thank You note, you little hoe
Now I'ma wrap your coffin with a bow
"N-N-Nicki, she just mad cause you took the spot"
W-w-word? That bitch mad cause I took the spot?
Well bitch, if you ain't shittin then get off the pot


Ce duel marque également une autre évolution. Peut être la plus importante de toutes.
Le Mc'ing au féminin qui a toujours été méprisé semble changer son mode de revendication.
Avec Lil Kim, la surenchère sexuelle devient revendication féministe. Rien de mieux que la tactique du miroir pou renvoyer aux hommes leurs propres fantasmes en pleine tronche. Quitte à choquer.
Si cela s'avére necessaire pour combattre un environnement foncièrement machiste, cette stratégie implique cependant une vulgarité extrème comme dans le fameux Not Tonight





Avec Minaj, l'approche est légerement différente.
La Mc devient androgyne et se cache derrière son rôle de poupée Barbie. Elle joue volontairement la carte de l'ambiguité comme le démontre la pochette de ce Pink Friday et son couplet dévastateur sur Did it'on em.
La "vulgarité" n'y est pas absente mais l'allusion au sexe se veut beaucoup moins franche que chez son ainée.

All these bitches is my sons
and I'ma go and get some bibs for 'em
a couple formulas, little pretty lids on 'em
If i had a dick, I would pull it out and piss on 'em
Let me shake it off
I just signed a couple deals i might break you off
and we ain't making up I don't need a mediator
Just let them bums blow steam, radiator



Autre changement révélateur, le management de ces artistes semblent montrer une certaine émancipation. Dans les années 90,la mode est aux " First Lady". Lil Kim était la protégée de Biggie et membre du crew Junior Mafia. Eve la "first Lady" du Ruff Ryders. Foxy Brown elle était la présence féminine au sein de The Firm.
Toutes ces artistes aussi talentueuses soit-elle ont vu leurs carrières reliées à celle de leurs groupes ou à un mentor prestigieux.
L'exemple parfait étant la jeune Amil, ex First Lady de Roc-A-Fella dont la carrière a été brisé par le seul désir de Jay-Z. Amil dont on devine aujourd'hui tout le ressentiment envers l'industrie du disque dans cette interview.


"I’m not the one to talk about other female rappers. Truth be told, I think we’re all in the same boat. It’s hard for a female rapper to even blow like that"

Minaj elle, a su s'imposer en tant qu'artiste. Rentré chez Young Money à la seul force de son talent (et de ces ventes), elle est une véritable tête d'affiche du crew de Lil Wayne. Et c'est là sa plus grande victoire et une porte ouverte pour nombre de female mc's. Les temps changent comme dirait Solaar. Et on ne va pas s'en plaindre.


Ann-Sé

Source : [1] Interview de Bangladesh sur Tsugi.fr

[2] Hipster Rap : The Savior of Hip Hop ?

mercredi 2 février 2011

Oh, My NOLA !


Ces derniers temps, la ville de la Nouvelle Orleans est de retour au premier plan.Bien aidé il est vrai par le succès de la série Treme réalisé par le réalisateur de The Wire, David Simon.
5 ans après Katrina, ce haut lieu de la culture noire-americaine retrouve un semblant d'emballement médiatique. Récemment, c'est France 2 qui dans son édition de 13h15 faisait un focus sur la ville de Louis Armstrong.

Dans ce reportage, on n'apprend rien de transcendant sur cette ville au bouillonement artistique pourtant incroyable.
En effet, se plonger dans le style musical de Big Easy, c'est couvrir toute l'histoire de la musique noire-américaine. Commençons par Scott Joplin, maitre incontésté du ragtime une musique annonciatrice du jazz qui a court dans les rues de N.O dès la fin du XIXème siècle jusqu'au année 20.
Enchainons avec le style New-Orleans incarné par le célèbre Louis Armstrong, le méconnu Jelly Roll-Morton ou le "frenchy" Sydney Bechet à partir des années 30.
Nous voici désormais dans les années 50-60 et Fats Domino retourne l'Amerique et le reste du monde de son rhythme and blues.
Achevons note voyage temporel par le gangsta rap des Hot Boys (premier groupe de Lil Wayne qui est également originaire de NOLA).
La liste aurait pu être plus longue tant l'histoire de la Nouvelle Orleans est riche en artiste ayant marqué la musique.

Pourtant loin de se contenter de ce titre honorifique(contestable?) de lieu de naissance du Jazz, NOLA fait montre d'une créativité sans cesse renouvelée.
Galvanisé par cet énorme héritage musicale qui a poussé les habitants et musiciens de NOLA à se battre pour la sauvegarde leur ville, le mouvement hip hop local a crée dans les années 90, un courant simple et représentatif de l'esprit Big Easy : Le Bounce Dance.




Cette danse comportant des pas de lockin' ou de popin' est spécifique à NOLA.
A l'instar du fameux C-Walk californien, le Bounce Dance a sa propre musique. Mélange de Rap et de Dance survitaminé ou remix ultra péchu de titre déja existant, le Bounce Dance n'a pas vocation a être considéré comme un courant à part entière.
Les artistes "Bounce" sont reconnus au sein de la ville et de l'état de Louisianne mais leur notoriété atteint rarement le niveau national. Autrement dit, peu de chance que vous attendiez parler de Magnolia Shorty (Artiste majeur de la Bounce Music), ancienne de No Limit Records décédée récemment, de Sissy Noby ou Big Freedia.
Pourtant, un(e) artiste comme Freedia fracasse les codes et mérite de se retrouver sous le feux des projecteurs.
Ne serait-ce que pour le symbole qu'il représente face à l'homophobie latente au sein du mouvement hip hop (Sexion d'Assault si tu me lis!).
Voici un court reportage sur le Bounce Dance avec un éclairage tout particulier sur Big Freedia "Queen" autoproclamée de la Bounce Music.



Petit teasing en passant, un article traitant entre autre de Freedia et de l'homophobie dans le Hip Hop est à venir rédigé par le toujours très affuté Nicolas.
Pour terminer, petits extraits vidéos d'artistes Bounce en commençant par Magnolia Shorty. Premier son à la qualité un peu dirty mais représentatif du style Bounce.




Toujours Magnolia Shorty avec un titre " Monkey On That Dick" assez poétique.



Un live de Choppa pour terminer. Attention, il faut s'accrocher !



Aujourd'hui, le renouveau du mouvement Bounce va de paire avec la résurrection de la ville. Il est important pour une ville comme NOLA de continuer à créer.
Ce processus créatif est inscrit dans les gènes de cette ville et cette tradition ne doit-jamais se perdre. Elle fait rêver des milliers de musiciens et amateurs de musique à traveers le monde et constitue le plus beau trésor de cette ville unique.
Il est d'ailleurs tout aussi important que les Hornets (l'équipe NBA de Nola) et son leader Chris Paul reste à la Nouvelle Orleans. C'est par des choses aussi futiles en apparence que Big Easy s'assure un semblant de survie.
Que l'on soit américain ou non, fan de jazz ou non, on ne peut que souhaiter que ce centre culturel historique ne disparaisse pas.
Si c'était le cas, c'est tout un pan de l'histoire musicale MONDIALE qui viendrait à disparaitre...

Zayyad

dimanche 16 janvier 2011

Un long dimanche de Freestyle

Salut l'ami,
Je reviens tout juste de ta mise en terre.
Qu'est ce que t'as du te marrer !
Nous voir tous encostardés, au bord des larmes autour de toi t'aurai fait hurler de rire, nous le savions.
Jamais de ton vivant, on ne t'avait accordé autant d'attention et louer ton amour de la vie, et même des gens que tu n'avais pas vu depuis des lustres se frappait la poitrine en hurlant.
C'était mon cas et crois moi que je le regrette. Et je ne dis pas ça, parce qu'avec ta disparition, c'est 1/3 du lectorat de ce blog qui s'en va non...
Je dis ça parce que je regrette sincérement que nos chemins se soient quelque peu séparés et que nos échanges se soient réduits à de furieuses batailles d'idées virtuelles.

Et Dieu sait que tu aimais te battre.
Depuis que l'on se connait, je n'ai jamais rencontré personne d'aussi bagarreur que toi. Les morveux du bac à sable de Romain Rolland s'en souviennent encore et les pleurs de ces mêmes morveux doivent encore raisonner dans le préaut pour les gouters que tu chippais sans aucune élégance(euphémisme).
Plus tard, c'est sur les terrains que tu te castagnais.
En terme sportif, on dirait que tu étais un compétiteur dans l'âme. Toujours prêt à se frotter à l'adversaire. Le coup de tête administré à un anonyme attaquant de Louvres restera dans ma mémoire comme celui de Zidane sur Materazzi..

Mais finalement, ta plus grande bagarre, c'était celle que tu livrais contre la maladie. Ennemie invisible mais foutrement plus présente qui ne te laissais pas vraiment de répit. J'étais là quand cette salope s'est déclarée pour la première fois. On avait 4 piges peut être plus.
Tu t'étais écroulé de ce banc où l'on attendait sagement que nos parents nous délivre de l'école.
Je te revois encore convulser alors que j'étais présent à deux mètres sans savoir quoi faire. Je me souviens des blouses blanches faisant irruption dans la salle, du branquart et du visage effrayé de la maitresse.Je me souviens aussi que c'est là que j'ai appris le sens du mot respiration et du mot insufficence. Cette saloperie d'épisode m'a marqué.Depuis je déteste les préauts et l'école maternelle.

Alors on a grandi ensemble et suivi les mêmes chemins de bohêmes. Pendant que j'aspirais à élever la nonchalance au rang de style de vie, tu te dépatouillais pour vivre avec les limites laissées par la maladie.
Lorsque je me moquais gentiment des amnésiques préssés qui peuplent la ville de Paris que tu aimais tant, tu me faisais remarquer que même si tu ne courais pas, tu étais à ta manière beaucoup plus préssé qu'eux. A ta manière, tu étais un sprinteur.
Tu appellais ça dans tes textes et freestyle, "la vie chronométrée".
Un concept qui n'avait finalement que peu de sens pour nous alors que c'était malheuresement ton quotidien que tu résumais ainsi.

Tes freestyles justement...
Mec, maintenant que tu es parti je peux l'écrire.
Tu étais vraiment "dope".
Surement pas le meilleur rappeur du monde mais de loin le MC le plus passioné qu'il m'est été donné de rencontrer. Même avec tes soucis de santé, la passion du cyph' ne t'as jamais quitté et lorsque ta voix ne pouvait plus suivre, c'est tout naturellement que tu t'es dirigé vers les platines pour " parler avec tes doigts".
Parce qu'au fond, parler tu n'auras fait que ça. Parce que le hip hop était une de tes armes préférées contre le sort qui semblait s'acherner contre toi. Tu tenais à faire face avec humour, t'autoproclamant tour à tour " MC 1 Poumon " ou Ben " The Voice" Biozondama.
J'ai toujours admiré ton sens de l'ironie et de l'autodérision qui te rendait si dur à confondre en battle ou en freestyle. On ne savait jamais si on t'avait touché ou pas tant tu étais capable de rebondir avec ironie.


Il n'y a rien à redire, tu étais un putain de MC !
Le malheur de notre art maudit étant qu'aucune de nos performances ne sont gravées dans le Wax.Le souvenir du merveilleux artiste que tu étais disparaîtra avec nos souvenirs.
Le petit Stéphane ne saura jamais que son frère était un rappeur de talent voir même meilleur que ceux qu'il voit à la TV.
Ou tout du moins, il ne pourra pas en juger par lui même.
Parce que tu peux compter sur nous pour que tout ces souvenirs ne meurt pas.
Je garderai en mémoire les cyph' pourris du terrain vague pas loin de chez moi.
Un radio casssette en guise de blaster. Des hésitations tous les 4 mots. Un vocabulaire limité à ces mêmes 4 mots, une fluidité digne du périph' aux heures de pointes.
Nos débuts quoi...

Je me souviendrai aussi des heures de gloires.
Des freestyles battles à la sortie des soirées où l'on en mettait plein la vue à une gente féminine qui venait de découvrir Eminem et 8 Mile et qui trouvait ça tellement " mignooon".
Je me souviendrai de ces soirs de victoire où on avait l'impression d'être les rois du monde alors qu'on venait juste de gagner un battle dans une MJC de quartier.
Pop champagne avant l'heure !
De même que de tes tentatives pathétiques pour essayer de me prendre en défaut en contest.Toujours cet esprit de compétiteur qui haissait la défaite...

Raison pour laquelle lorsque j'essaye de me représenter ma passion pour le Hip Hop ou pour la musique en géneral, c'est toujours ton image qui me vient à l'esprit.
Celle d'un type qui assume ces choix douteux(nombreux !!!) avec fougue et détermination.
Un type qui a essayé pendant 1 an de me persuader que 808s & Heartbreak de Kanye West était un grand album !
D'ailleurs je suis étonné que Kanye ne se fende pas d'un communiqué pour saluer la mémoire de sa plus grande groupie, capable de le défendre dans à peu près n'importe quelles circonstances. C'est aussi ce que j'aimais chez toi.
Cette capacité à t'enflammer lorsque que l'on parlait de musique et à défendre mordicus tes positions quitte à user parfois d'un peu(beaucoup)de mauvaise foi.
Surtout lorsqu'il s'agissait de te moquer gentiment de mes articles que tu trouvais " d'une prétention digne d'un spécialiste de jazz ". Lire mes chroniques était pour toi un exercice fascinant. Cela te fascinait de voir comment la médiocrité pouvait se camoufler derrière un verbiage complexe à outrance. Histoire de mettre du vernis sur l'ignorance. Et les fautes d'orthographes !

" Incroyable de lire des analyses dignes de Pitchfork écrites avec un niveau d'orthographe digne du CM2 !" [compliment douteux!]

Ah, enfoiré !
Rien que d'écrire cette phrase, je sais que tu vas me manquer.Depuis quelques jours, j'avais une furieuse envie de verber qui me piquottait les doigts.Peut être parce que je me rends compte que c'est finalement toujours le même processus qui est à l'oeuvre, et que contrairement à ce que dit l'adage, la mort ne remet pas les compteurs à zéro.
Ta disparition fait écho à celle de ce pauvre Pitto, une énième rencontre indienne qui doit certainement reposer dans une fosse commune à l'heure qu'il est.
Celle que l'on reserve à ceux que l'on ne peut identifier, à ceux qui errent la nuit dans les rues de Mumbai et que l'on retrouve souvent mort au petit matin près d'une poubelle.Sans nom et donc sans passé.

Personne pour lui écrire sur son wall Facebook.
Personne pour twitter son décès.
Personne pour lui rendre hommage et aucun lieu de recueillement décent.
Sa famille avec qui il avait coupé les ponts ne sera probablement jamais au courant de son décès.
Après 6 mois, il est déja oublié de tous, comme s'il n'avait jamais existé et c'est là que réside cette putain d'inégalité.

Loin de moi l'idée de dire que tous les hommages qui s'abattent sur toi ces temps ci n'ont pas lieu d'être.
Encore que, je suis sceptique sur ces amis made in Facebook qui ont quand même réussi à te souhaiter ton anniversaire après ton décès (!!!).
Non, je suis juste profondément triste lorsque je comprends toute l'horreur de l'idée de mourir seul et oublié de tous et que la vrai folie du monde d'aujourd'hui est de rendre cela possible et presque banale.
Dans mon esprit, je refuse cette possibilité. C'est pour ça que je n'oublirai pas.
Je ne t'oublirai pas comme je n'oublirai pas Pitto, Chris et tous les autres.
Parce qu'on avait cette passion commune qu'est le Hip Hop.Pour une fois, ce truc doit servir à autre chose qu'à se faire de l'argent ou se donner une pseudo image.
C'est pour ça que je vous dédie à tous ce freestyle. Il a été enregistré avant tout cela mais je tiens absolument à vous le dédier. Comme un hommage entre vrai musicien que nous sommes peut être et comme passionée de freestyle que nous étions surement. En tant que parti du cypher, notre confrérie est éternel, j'en suis sur !

Un Long Dimanche de Freestyle


Adieu l'ami

RIP Ben " The Voice" Biozondama (1987- 2011)
RIP Pitto ( ??- 2010)
RIP Abir Hamza ( 1987- 2008)
RIP Chris'( 1984- 2005)

vendredi 14 janvier 2011

M.I.A lance son Vicki Leex !


C'était pour beaucoup une des déceptions de l'année passée.
/\/\/\Y/\, le dernier album de M.I.A n'a pas reçu un accueil chaleureux au sein de la blogosphère. Loin de là.
Il est vrai que cet album manque certainement d'imagination et peut être aussi de ce grain de folie qui a rendu cet anglaise d'adoption si célèbre. Face à ce constat cinglant, M.I.A a décidé d'opérer un retour au source. Un retour à ce qui a formé ce vaste bordel sonore qui la caractérise : La Mixtape.


A peine basculait-on en 2011 que M.I.A lançait sur le net une mixtape du nom de Vicki Leex. Un nom particulièrement bien choisi et qui réchauffera peut être le coeur de Julien Assange en cette période difficile pour lui... Ou pas !
En ce qui nous concerne, cette mixtape est une vrai bonne nouvelle parce qu'elle marque le retour de Diplo au niveau de la production.
Après s'être senti plutôt exclu du processus créatif du dernier album et après avoir mis en doute la volonté de M.I.A de se donner à fond pour celui-ci, la moitié du binôme Major Lazer revient aux affaires.
On se dit qu'il n'aurait pas accepter de bosser à nouveau avec M.I.A à moins que celle-ci fasse montre d'une certaine motivation. Le résultat n'est pas absolument génial mais est déja meilleur que l'album précedent.Alors certes, Vicki Leex n'est pas au niveau d'un Piracy Funds Volume 1. Certes le nombre d'inédit est limité mais cette mixtape mérite néanmoins un coup d'oreille.

Pour la mixtape, ça se passe . Et un petit souvenir, ça fait jamais de mal hein.



Zayyad

jeudi 13 janvier 2011

Une gifle et une news !

Tracks, le magasine culturel d'Arte est incontestablement une des toutes meilleures émissions qu'abrite la boite magique lorsqu'il s'agit de musique.
Grâce à une sélection des plus éclectiques, on est quasiment certain de repérer un artiste qui vous retourne le cerveau.C'est mon cas avec les artistes qui vont suivre.

L'artiste ou les artistes en question n'ont rien de confidentiel pour les amateurs de musique classique. Enfin j'imagine...
Philip Glass et Yo-Yo Ma sont en effet des artistes plus que reconnus. Effectuez un check rapide sur la page Wiki de Philip Glass, vous y lirez qu'il est considéré comme "l'un des compositeurs les plus influents de la fin du XXème siècle ". Rien que cela...
Quand à Yo-Yo Ma, à part me rappeler le girl band hip hop Yo! Majesty que j'apprecie plus que de raison (s'il vous en faut une !),ce nom ne signifiait pas grand chose pour moi.

Pourtant Philip Glass et Yo-Yo Ma viennent de me mettre la gifle musicale du mois de Janvier.
En effet,Naqoyqatsi est un morceau incroyable.
Sous ce nom improbable se cache une entité vivante qui vous prend aux trippes, vous assène des coups de poing dans l'estomac en vous sussurant des mots doux à l'oreille d'un ton angoissant.
Un vrai morceau pour masochiste.
Un morceau plein d'émotion comme seule la musique classique semble pouvoir en offrir.




Pour la petite histoire, Naqoyqatsi est extrait de la B.O du film du même nom dont la musique a été entièrement dirigée par Philip Glass.
Le film réalisé par Godfrey Reggio est lui part intégrante de la trilogie des quatsi dont la réalisation a débuté en 1975 et a été achevé en 2002 par Naqoyqatsi.
En fouillant le net,on trouve quelques critiques très positives sur la dite trilogie qui donnent envie de s'y pencher.
Soit des devoirs culturels en perspective, merci Tracks !

Après avoir navigué dans des contrés obscures, retour en terrain connu pour la deuxième partie de ce billet avec des nouvelles du talentueux José James.
J'ai beaucoup parlé de cet élégant jazz singer à la technique irréprochable surtout lorsqu'il s'agissait de faire un focus sur sa collaboration avec Flying Lotus.
Cela tombe bien, c'est toujours accompagné de Fly Lo que José James nous livre son nouveau morceau intitulé "Vicadin".
Un morceau sombre aux paroles mélanconliques qui porte bien la marque de Flying Lotus et qui est dans la continuité de ce que l'on a pu entendre sur Blackmagic, un des deux albums de José James sorti l'an dernier.

VICADIN by josejamesworldwide

Enjoy !


Zayyad

mercredi 12 janvier 2011

Agenda : Brassens @ Cité de la Musique


Rien de mieux pour commencer une journée que d'apprendre une bonne nouvelle.
Alors si je vous disais qu'après la somptueuse exposition de l'an dernier sur Miles Davis, la cité de la musique prépare une exposition du même ordre sur Georges Brassens ?

Là, vous me direz peut être oui et alors ?
Malheuresement bien moins "sexy" qu'un Miles Davis star planétaire du jazz, Brassens n'évoque plus que l'image d'un chanteur d'un autre temps.
Brassens, c'est des chansons apprises au collège(ah les cours de musique) ou des chansons d'émissions de variétés qui nous semblent familières mais démodés.
Et pourtant! Pour avoir rattrapé mon ignorance sur la musique du Monsieur cet été, je peux vous assurer qu'en terme d'actualité et d'engagement, Brassens n'a rien à envier à nos rappeurs d'aujourd'hui.

En plus d'un musicalité et d'une virtuosité d'écriture absolument IM-COM-PA-RABLE, Brassens a toujours fait preuve d'une certaine tendresse pour "l'élite du pavé" très présente dans ces textes.
Il faut avouer que parler de la rue en ces termes est autrement plus délicat que d'évoquer "le ter ter" cher à Morsay.
Prenons pour exemple "Le Bistrot" qui est une de mes chansons favorites parce qu'elles illustrent bien les qualités que j'évoquais précedement.




Mettre en lumière cet aspect de Brassens tombé un peu dans l'oubli, c'est l'objectif avoué de cette exposition :

"Qui ne connaît pas Brassens ? Tout le monde a chantonné un jour l’une de ses chansons : Le Gorille, Les Amoureux des bancs publics, Auprès de mon arbre et bien d’autres. L’homme est installé dans la mémoire collective avec l’image parfois consensuelle du père tranquille que l’on chante en famille au coin du feu ou celle de l’ami qui nous rassure.

Il est temps de redécouvrir que derrière la figure fleurant bon la France d’antan, se cache un individu rare, hautement lettré, fin connaisseur des grandes figures de la poésie française, et aussi un formidable musicien pétri du swing et amoureux de Charles Trenet ; un libertaire qui choisira une voie individuelle plutôt que les combats collectifs, sans renier ses convictions, s’opposant à la guerre, à la morale bien-pensante ou à l’arbitraire de la justice et de la police ; une force tranquille, inébranlable dans le tourbillon du succès, qui n’a jamais suivi que sa petite musique intérieure"


Pour info, on retrouvera notamment Joan Sfar, auteur de son état mais aussi réalisateur du dernier biopic sur Gainsbourg en tant que commissionaire de cette expo'. Cela laisse augurer de belles choses quand à l'agencement de l'exposition.Vivement Mars 2011...

Les infos sur l'expo sont disponibles sur le site de la Cité de la musique

Zayyad

PS: Merci Coline pour l'information.